Insécurité dans l’Est : les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri en colère contre le Bureau de l’Assemblée nationale

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Les députés nationaux originaires des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont suspendu, samedi 13 juin, leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale. À l’origine de cette décision : le non-alignement à l’ordre du jour de la question relative à la recrudescence des massacres perpétrés par les groupes armés contre les populations civiles dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Profondément indignés par cette situation, ces élus ont annoncé leur retrait des travaux parlementaires de la session ordinaire en cours ainsi que de toute session extraordinaire à venir, tant que le dossier sécuritaire de l’Est ne sera pas inscrit parmi les priorités de l’Assemblée nationale.

« Comme le Bureau a décidé de ne pas ouvrir le débat et de ne pas permettre que cette question soit examinée, nous, députés du Nord-Kivu et de l’Ituri, décidons ce jour de suspendre notre participation à la session ordinaire en cours ainsi qu’à la session extraordinaire à venir, jusqu’à ce que le Bureau convoque les ministres concernés, que cette question soit débattue et que des résolutions concrètes soient prises pour mettre fin aux massacres de nos populations », a déclaré l’un des députés

protestataires.

Dans leur déclaration, les élus ont également dénoncé l’attitude de certains députés issus d’autres provinces ainsi que celle du Bureau de l’Assemblée nationale, qu’ils accusent de ne pas accorder l’attention nécessaire à la crise sécuritaire qui frappe plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri.

« Aujourd’hui, alors que nous devions examiner cette importante question de l’agression de la RDC par le Rwanda à travers ses supplétifs du M23, mais aussi les massacres perpétrés par les ADF dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu, ainsi que dans la province du Haut-Uele, l’Assemblée nationale a choisi de ne pas en débattre. Pourtant, cette question extrêmement grave devait être soumise au Vice-premier ministre de l’Intérieur ainsi qu’à son collègue de la Défense », a poursuivi le rapporteur désigné du groupe des députés du Nord-Kivu et de l’Ituri.

 

Ces représentants du peuple affirment ne pas vouloir revenir sur leur décision tant qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause auprès du Bureau de l’Assemblée nationale.

« Si aujourd’hui ces populations sont exterminées, qui nous élira demain ? Auprès de qui rendrons-nous compte de notre mandat ? », s’interrogent-ils.

Cette réaction traduit le sentiment de frustration qui peut gagner les représentants du peuple lorsque des questions jugées prioritaires ne sont pas prises en compte lors des plénières. Elle met également en lumière les difficultés auxquelles certains députés sont confrontés dans l’exercice de leur mandat, particulièrement lorsqu’il s’agit de porter la voix des populations affectées par l’insécurité.

 

E.N

 

 

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