Changement de la Constitution La C4 créée pour servir de contrepoids à l’Union sacrée de la Nation

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Le sit-in organisé récemment par l’opposition congolaise devant le Palais du Peuple pour dénoncer le projet de révision de la Constitution continue d’alimenter le débat politique. Cette manifestation, marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre et des accusations de répression policière, a suscité une vive réaction au sein de la majorité présidentielle.

Lors d’une matinée politique tenue le dimanche 14 juin 2026 au siège de l’UDPS/Tshisekedi, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, est monté au créneau pour répondre aux accusations portées contre les autorités.

Réagissant aux images et témoignages faisant état de violences policières contre les leaders de l’opposition et leurs sympathisants, Augustin Kabuya a rejeté ces allégations, les qualifiant de mise en scène destinée à manipuler l’opinion publique.

« J’avais pris le temps d’analyser tout ce qu’ils ont monté comme scénario. Ils se sont entendus pour porter des chemises blanches sur lesquelles ils ont versé de la tomate afin de faire croire qu’ils avaient été blessés », a-t-il déclaré devant les militants de son parti.

Le secrétaire général de l’UDPS est allé plus loin en accusant certains leaders de l’opposition d’agir au service d’intérêts étrangers, notamment ceux liés au Rwanda, ainsi qu’à l’ancien président Joseph Kabila.

 

Kabuya déplore le silence des partenaires de l’USN

 

Au-delà de ses critiques envers l’opposition, Augustin Kabuya s’est également montré sévère à l’égard des partenaires de l’Union sacrée de la Nation (USN). Il leur reproche de ne pas avoir défendu publiquement la majorité face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation orchestrée par les opposants.

« Ne montrons pas que nous aimons le Chef de l’État uniquement pour les postes. J’attendais que les responsables des partis membres de l’Union sacrée mobilisent leurs états-majors pour dénoncer ces scénarios. Malheureusement, ils ont laissé l’UDPS se défendre seule », a-t-il regretté.

Ces déclarations mettent en lumière certaines frustrations qui semblent exister au sein de la plateforme présidentielle, pourtant présentée comme le principal soutien politique du président Félix Tshisekedi.

 

C4 contre USN : une nouvelle dynamique politique

 

La création de la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), initiative portée par des cadres de l’UDPS afin de promouvoir l’idée d’une réécriture de la Loi fondamentale, suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion.

 

Plusieurs observateurs se demandent en effet pourquoi une nouvelle structure a été mise en place alors que l’Union sacrée de la Nation dispose déjà d’un cadre politique censé fédérer toutes les forces soutenant le chef de l’État.

Lors de la présentation officielle de la C4 à Lubumbashi, le président fédéral de l’UDPS/Tshisekedi Lubumbashi 2, Adalbert Lulu, a tenté d’apporter des éclaircissements sur les motivations de cette initiative.

Selon lui, la création de cette dynamique répond à un manque d’engagement observé au sein de l’USN.

« La C4 est une dynamique citoyenne et politique. Nous avons constaté une certaine léthargie au sein de l’Union sacrée, qui n’arrive plus à accompagner efficacement la vision du Chef de l’État. Dans l’opinion publique, beaucoup considèrent que l’UDPS a échoué avec le Président Félix Tshisekedi. C’est pourquoi notre parti prend ses responsabilités, car c’est finalement lui qui devra rendre compte devant le peuple », a-t-il expliqué.

 

Un révélateur des tensions internes

 

Cette justification relance les débats sur l’état réel des relations entre les différentes composantes de l’Union sacrée. Pour plusieurs analystes, la naissance de la C4 pourrait être interprétée comme le signe d’une perte de confiance de certains cadres de l’UDPS envers leurs alliés politiques.

En effet, les divergences au sein de la majorité présidentielle ne sont pas nouvelles. Dans un passé récent, un conflit politique avait opposé Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, à André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée, autour de l’élection du gouverneur de la province du Sankuru. Chacun des deux responsables soutenait un candidat différent, révélant au grand jour les rivalités internes qui traversent la famille présidentielle.

Cet épisode avait déjà mis en évidence les difficultés de gestion des ambitions individuelles et des intérêts divergents au sein de la coalition au pouvoir. La création de la C4 apparaît aujourd’hui comme un nouvel élément susceptible de raviver les interrogations sur la cohésion de l’Union sacrée de la Nation à l’approche des prochaines échéances politiques.

E.N

 

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