Les hôpitaux d’Isiro fonctionnent au ralenti depuis ce lundi 15 juin 2026. Le personnel médical de la ville a lancé un mouvement de grève de trois jours avec service minimum, qui doit prendre fin le mercredi 17 juin.
À l’origine de cette mobilisation, deux événements ont profondément choqué le secteur de la santé dans le Haut-Uélé. Un agent soignant a été abattu par un militaire indiscipliné alors qu’il regagnait son domicile après le travail. Le gouverneur Jean Bakomito Gambu avait réclamé un jugement public et la justice militaire a finalement condamné l’auteur du tir. Le second fait concerne un infirmier porté disparu à Gombari depuis plusieurs jours. Sa famille et ses collègues restent sans aucune information sur son sort.
Pour dénoncer ces violences répétées contre les agents de santé, médecins, infirmiers et étudiants en médecine ont organisé une marche ce lundi. Partis de la commune de Mendambo, au niveau de Mayogo, et encadrés par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), ils se sont rendus devant le gouvernorat provincial. Ils souhaitaient y déposer un mémorandum afin d’alerter sur l’insécurité grandissante dont ils sont victimes. Aucun membre du gouvernement provincial n’a accepté de recevoir leur document.
Les grévistes expriment leur indignation face au silence des autorités. Conséquence directe de ce mouvement : toutes les structures sanitaires d’Isiro n’assurent que les urgences vitales pendant ces trois jours. Les consultations ordinaires et les soins non urgents sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
Interrogés sur cette situation, ni un conseiller du gouverneur ni le porte-parole du gouvernement provincial n’avaient réagi jusqu’à lundi soir.
José Mutumbula


