La transformation numérique de l’Inspection générale des finances (IGF) est indispensable pour renforcer la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. C’est le message fort lancé par le chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa, lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le mercredi 5 août 2026, au Studio Maman Angebi de la RTNC.
Prenant la parole devant la presse, Christophe Bitasimwa a expliqué que l’IGF fait face à des « plafonds de verre », des obstacles souvent invisibles qui limitent l’efficacité de son action malgré les efforts déployés pour assainir la gestion des finances publiques.
« L’Inspection générale des finances est mise en place pour stopper toutes sortes de détournements et de corruptions. Mais nous n’y arrivons pas totalement parce que nous ne maîtrisons pas encore l’ensemble des données financières qui circulent dans le pays », a-t-il déclaré.
Le chef de service de l’IGF a rappelé que l’État fonctionne comme un vaste système composé de plusieurs sous-systèmes, notamment économiques, financiers, sociaux, sécuritaires et environnementaux, qui interagissent en permanence. Selon lui, tant que tous les flux financiers ne seront pas intégrés dans un dispositif numérique unique, les contrôles resteront limités.
Il a déploré le fait que les missions de contrôle reposent encore en grande partie sur des méthodes manuelles et des applications insuffisantes pour suivre l’ensemble des opérations financières de l’État.
Pour Christophe Bitasimwa, la modernisation de l’IGF passe par la mise en place d’une plateforme numérique capable de connecter l’institution à tous les circuits financiers de l’administration publique. Cette évolution permettra d’effectuer des analyses en temps réel, de détecter rapidement les anomalies et d’intervenir avant que les irrégularités ne se transforment en actes de corruption ou de détournement.
« Notre ambition est de maîtriser tous les flux économiques et financiers qui circulent dans le pays afin d’identifier les irrégularités en temps réel et de mener des interventions préventives pour protéger les finances de l’État », a-t-il insisté.
À travers cette vision, le patron de l’IGF entend faire de la digitalisation un levier stratégique pour améliorer la gouvernance publique, accroître l’efficacité du contrôle et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Micha Kisalasala
La rédaction


