Réuni en Conseil des ministres le vendredi 22 mai 2026, le Gouvernement de la République démocratique du Congo a validé plusieurs projets structurants présentés par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, dans le cadre de la mobilisation des financements extérieurs destinés à soutenir le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2024-2028).
Parmi ces initiatives, le projet « Kinshasa La Belle » occupe une place centrale. Porté par le ministère des Finances au nom du Gouvernement central, il vise à appuyer la Ville de Kinshasa dans la lutte contre l’insalubrité et la modernisation de la gestion des déchets.
UN INVESTISSEMENT DE 500 MILLIONS USD EN DEUX PHASES
La première phase, d’un montant de 250 millions USD, sera financée par un prêt concessionnel de l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale. À terme, l’investissement global atteindra près de 500 millions USD en deux phases. Les conditions de financement témoignent du caractère hautement concessionnel : maturité de 40 ans, période de grâce de 11 ans, sans taux d’intérêt, pour une durée d’exécution de cinq ans.
VERS UNE ECONOMIE CIRCULAIRE ET DES EMPLOIS VERTS
Au-delà de l’assainissement, « Kinshasa La Belle » ambitionne de structurer une véritable filière économique autour de la gestion et de la valorisation des déchets. Le projet prévoit : la mise en place d’un système fonctionnel de gestion des déchets solides ; l’assainissement durable de la capitale ; la connexion des populations aux espaces et opportunités économiques, notamment autour du waterfront ; l’appui à la compétitivité et à l’inclusion économique et le renforcement des capacités techniques dans les métiers liés au recyclage, au tri et à la transformation des déchets.
Le Gouvernement entend favoriser l’implication des jeunes et des PME locales, avec un accent particulier sur l’employabilité et la professionnalisation du secteur environnemental.
UNE COLERE PRESIDENTIELLE FACE A L’INSALUBRITE
Ce projet intervient dans un contexte marqué par la visite du président Félix Tshisekedi au Grand Marché Zando, où il a dénoncé l’anarchie et l’insalubrité qui ternissent l’image de la capitale. Le chef de l’État a critiqué le manque d’autorité du gouvernement provincial, avant d’exiger une restauration rapide de l’ordre et de la salubrité.
Cette sortie présidentielle sonne comme une mise en garde ferme et renforce l’urgence d’initiatives telles que « Kinshasa La Belle ».
SUPERVISION DES CHANTIERS URBAINS
Le lendemain, le président Tshisekedi, accompagné du ministre des Finances et des autorités urbaines, a inspecté plusieurs chantiers d’infrastructures et de voirie. Ces travaux s’inscrivent dans la stratégie de modernisation urbaine et d’amélioration des infrastructures de mobilité, considérées comme un levier essentiel pour la croissance économique et l’amélioration du cadre de vie des populations kinoises.
UNE STRATEGIE GLOBALE DE TRANSFORMATION
Outre « Kinshasa La Belle », le Gouvernement a validé trois autres projets représentant un financement global de 753,6 millions USD. Ils concernent le développement des compétences et de l’emploi des jeunes, l’appui aux populations affectées par la crise dans l’Est du pays, ainsi que le renforcement de la connectivité au Parc Agro-industriel de Ngandajika.
À travers ces initiatives, le Gouvernement central réaffirme sa volonté de transformer l’économie congolaise, de renforcer les infrastructures productives et d’améliorer les conditions de vie des populations, conformément aux orientations du PAG 2024-2028 et à la vision du président Félix Tshisekedi.
Jean-Petit Djoko


