Un mois après la déclaration de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) s’inquiète des importantes lacunes qui persistent dans la réponse sanitaire.
Dans un communiqué publié lundi, l’organisation estime que l’épidémie progresse plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir. MSF pointe notamment les insuffisances dans le dépistage, la surveillance épidémiologique, l’identification des contacts et l’engagement communautaire.
« Personne ne connaît l’ampleur réelle de l’épidémie en RDC, ni les zones exactes où le virus circule », a déclaré Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC.
L’épidémie touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Plus de 650 cas confirmés et 130 décès ont été rapportés par les autorités sanitaires. Toutefois, MSF estime que ces chiffres pourraient être sous-évalués en raison des difficultés d’accès à certaines zones et des limites du système de surveillance.
L’organisation souligne également les retards observés dans le diagnostic des cas ainsi que la méfiance persistante d’une partie de la population envers les équipes de riposte. Selon MSF, les années de conflit, les déplacements de populations et l’accès limité aux soins ont fragilisé la confiance entre les communautés et les acteurs sanitaires.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités et leurs partenaires à renforcer d’urgence les capacités de diagnostic, la surveillance épidémiologique, l’accès aux soins et l’engagement communautaire.
« Cette épidémie peut encore être maîtrisée, mais plus nous attendons, plus la marge de manœuvre se réduit », prévient MSF.
Margarita-Rosa Ngoy


