À Kinshasa, les opérations de dégagement menées par le gouvernement provincial contre les marchés pirates n’ont pas suffi à dissuader les commerçants informels. Ce samedi 13 juin 2026, les avenues Kato et Itaga, situées à proximité du marché central (Zando), ont de nouveau été envahies par des vendeurs qui y ont installé des étals improvisés.
Vêtements, chaussures et divers articles sont exposés à même le sol, attirant un flux constant de clients et de passants. Cette réoccupation intervient quelques jours seulement après les démolitions ordonnées par les autorités urbaines pour libérer les espaces publics.
« Nous sommes revenus parce que nous devons continuer à travailler pour subvenir aux besoins de nos familles », a expliqué Ange Nzinga, vendeuse de sandales rencontrée sur l’avenue Kato.
De nombreux commerçants affirment avoir quitté temporairement les lieux lors des opérations de dégagement, avant de reprendre progressivement leurs activités, faute d’alternatives viables.
Pour Kévin Kinkela, vendeur de chaussettes installé sur l’avenue Itaga, la localisation reste un atout majeur : « les clients connaissent cet endroit et viennent facilement s’approvisionner ici. Nous souhaitons simplement travailler dans un cadre organisé ».
Cette occupation informelle génère une forte affluence autour du marché central, mais provoque aussi des difficultés de circulation pour les piétons. Les autorités provinciales ne se sont pas encore exprimées sur de nouvelles mesures concernant ces vendeurs, après les récentes opérations de démolition.
La persistance de ces marchés pirates illustre le défi de concilier régulation urbaine et survie économique des populations, dans une capitale où l’informel demeure une réalité incontournable.
J-P Djoko
La rédaction


