L’Église catholique de la RDC divisée sur la question du changement de la Constitution

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La controverse autour du changement de la Constitution continue d’alimenter les débats, tant au sein de la classe politique congolaise que dans les milieux religieux. Si, auparavant, l’Église catholique affichait une position opposée à celle des Églises de réveil, des divergences sont désormais perceptibles en son propre sein.

À l’origine de cette situation figure la récente déclaration des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui se sont opposés à toute initiative de changement de la Constitution. Les prélats estiment qu’une telle démarche est « inopportune » au regard du contexte sécuritaire et social que traverse actuellement le pays.

Toutefois, cette position ne fait pas l’unanimité au sein du clergé catholique congolais. En effet, un groupe de prêtres de l’archidiocèse de Kananga s’est ouvertement déclaré favorable à une révision ou à un changement de la Constitution.

Dans leur mise au point relative à la déclaration de la CENCO, ces 16 prêtres signataires ont rappelé que la révision ou le changement de la Constitution est prévu par les dispositions constitutionnelles. À ce titre, ils ont exprimé leur soutien à cette démarche.

« En effet, nous soutenons le changement de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit toute procédure légale permettant sa mise en œuvre », ont-ils affirmé.

Dans ce même document, les prêtres de Kananga invitent les fidèles à respecter la position de leur archevêque, Mgr Félicien Ntambue, signataire de la déclaration de la CENCO. Ils rappellent également que la liberté d’expression, garantie par la Constitution, s’applique aussi à leur archevêque, en sa qualité de pasteur et de citoyen.

UNE ÉGLISE DIVISEE PAR LA POLITIQUE ?

Il est rare que l’Église catholique affiche des positions divergentes sur une question politique d’une telle importance. Pour de nombreux observateurs, le débat autour du changement de la Constitution prend une tournure préoccupante au sein de l’Église catholique romaine.

Selon eux, si ce dossier n’est pas géré avec prudence, il pourrait favoriser une fragmentation de l’Église catholique en RDC.

Sur les réseaux sociaux, les divergences sont également visibles. Plusieurs prêtres ont ouvertement condamné l’attitude de leurs confrères qui contestent publiquement la position de la hiérarchie. À l’inverse, d’autres estiment que la déclaration de la CENCO n’engage pas l’ensemble de l’Église et soutiennent qu’en tant que citoyens, les prêtres demeurent libres de s’exprimer sur cette question politique.

À ce stade, plusieurs analystes s’interrogent sur les éventuelles conséquences disciplinaires auxquelles pourraient être confrontés les prêtres ayant pris publiquement position contre la décision de la CENCO. Une chose demeure toutefois certaine : le débat sur le changement de la Constitution est encore loin de connaître son épilogue.

E.N

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