L’UNICEF alerte sur la sécurité des enfants face à l’essor de l’IA

0
35

Selon une nouvelle étude de l’UNICEF, l’intelligence artificielle s’est rapidement imposée dans le quotidien des plus jeunes. Pas moins de 20 millions d’enfants utiliseraient déjà ces outils, et leur adoption progresse à un rythme nettement plus rapide que chez les adultes.

L’agence onusienne a indiqué que les dispositifs de protection et de régulation censés encadrer cette technologie n’avancent pas assez vite, rapporte l’ONU info.

 

De plus en plus d’enfants, confrontés à des devoirs, des interrogations scolaires ou des difficultés personnelles, se tournent directement vers des outils d’IA plutôt que vers leurs parents, leurs professeurs ou des moteurs de recherche. L’UNICEF estime que, dans les 10 pays étudiés, environ 13 millions d’enfants déclarent s’en servir pour apprendre ou faire leurs devoirs. Par ailleurs, plus de deux millions disent chercher des conseils lorsqu’ils sont inquiets ou confrontés à un problème personnel.

 

Pour l’UNICEF, cette évolution dépasse le simple usage scolaire : l’IA devient pour une partie des enfants un interlocuteur du quotidien, capable d’expliquer, d’aider et parfois d’apporter un soutien émotionnel. Mais l’organisation insiste sur le manque de recul scientifique. Les connaissances sur les effets à long terme de l’IA—sur le développement cognitif, les relations affectives ou les risques d’exposition—restent encore limitées.

 

« Toute une génération est en train de grandir dans le cadre d’une expérimentation à grande échelle », résume l’UNICEF, en rappelant que les enfants disposent de peu de moyens pour comprendre ou contester ce qu’ils utilisent. Ils ne maîtrisent ni le fonctionnement des algorithmes, ni la manière dont les plateformes exploitent leurs données, ni les modèles économiques sous-jacents.

 

L’étude révèle aussi que les jeunes utilisateurs perçoivent déjà des dangers. Dans les pays analysés, un tiers des enfants déclarent craindre que l’IA serve à faciliter les escroqueries ou à diffuser de fausses informations. Un quart redoute des manipulations de leurs photos ou vidéos pour créer des contenus sexuels truqués, de type deepfakes. Pour l’UNICEF, ces inquiétudes illustrent un décalage entre l’adoption massive de l’IA et la faiblesse actuelle des mécanismes de protection.

 

À l’approche d’un dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévu à Genève les 6 et 7 juillet, l’UNICEF appelle à une prise en compte prioritaire des droits de l’enfant. L’agence demande davantage de recherche sur l’impact de l’IA sur le développement des enfants, un renforcement des lois contre les violences et l’exploitation sexuelle rendues possibles ou facilitées par ces technologies, ainsi que des exigences élevées de sécurité et de transparence. Elle plaide également pour une politique ambitieuse d’éducation au numérique et pour un accès accru aux infrastructures, afin de limiter le risque d’une nouvelle fracture technologique entre pays et au sein des sociétés.

 

Pour l’UNICEF, « il s’agit d’un moment décisif » : les choix effectués aujourd’hui détermineront la sécurité, la vie privée et le bien-être des enfants, ainsi que leurs chances et l’égalité d’accès aux opportunités pour les décennies à venir.

 

TS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici