Ebola : la RDC lance un nouveau plan de riposte de 1,2 milliard USD sur 180 jours

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Face à la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola, la République démocratique du Congo se dote d’un nouveau plan de préparation et de réponse chiffré à 1,2 milliard de dollars américains pour une période de 180 jours. Ce nouveau dispositif entend adapter la riposte à la dynamique de l’épidémie, renforcer la surveillance et rapprocher davantage les interventions des communautés.

Après l’expiration du premier plan de préparation et de réponse, élaboré pour trois mois et estimé à 242 millions de dollars, les autorités sanitaires ont mis en place ce nouveau cadre qui implique l’ensemble des secteurs engagés dans la riposte. L’objectif affiché est de faire en sorte qu’aucune personne exposée au risque ne soit laissée de côté.

« C’est un plan qui résume l’action de la réponse dans la deuxième partie et il est chiffré à 1,2 milliard, impliquant tous les secteurs. L’objectif est qu’aucune personne à risque ne puisse manquer d’être bénéficiaire. Ce qui constitue une autre plus-value, c’est que la gratuité de la santé y est consacrée », a expliqué le coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique.
UNE RIPOSTE DAVANTAGE ANCREE DANS LES COMMUNAUTES
Le nouveau plan accorde une place importante à l’échelon communautaire. La stratégie prévoit notamment de travailler au niveau des villages, avec l’implication des chefs de villages et des relais communautaires, afin d’identifier les personnes malades qui pourraient encore être cachées au sein des communautés.

Cette approche vise à renforcer la confiance entre les populations et le système de santé et à favoriser une prise en charge précoce des cas.

Malgré les difficultés liées notamment à l’insécurité et à la méfiance de certaines communautés envers le système de santé, les acteurs de la riposte constatent des progrès dans la communication et l’utilisation des services de santé.

« Autrefois, toutes les communautés restaient chez elles : le malade avait peur de fréquenter les hôpitaux, d’utiliser les services de soins de santé et, au niveau des hôpitaux, les médecins tombaient et mouraient eux-mêmes. Aujourd’hui, les équipes de terrain ont travaillé pour faire connaître la maladie, sur le point de vue clinique, épidémiologique et des moyens de transmission, mais aussi pour développer une confiance dans le système de santé. À cause de cela, l’utilisation des services est optimale », a-t-il renseigné.
LA SURVEILLANCE ET LA VACCINATION AU CŒUR DE LA REPONSE
Avec la poursuite de la transmission, le renforcement de la surveillance demeure l’une des priorités de la riposte. La vaccination constitue également un autre levier de prévention, particulièrement pour les personnes exposées en première ligne.

« Nous sommes en train d’utiliser la vaccination pour protéger d’abord les personnes de première ligne, avec les vaccins disponibles, en commençant par la Tshopo, tout en circonscrivant en dehors de l’épicentre. L’objectif est de créer un rideau », a expliqué le coordonnateur.

La stratégie vaccinale pourrait ensuite être élargie aux contacts des cas confirmés, en fonction notamment de la disponibilité des doses.
6 686 CAS CONFIRMES ET PLUS DE 3 300 DECES
Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie continue de progresser malgré les efforts de la riposte. À ce jour, 6 686 cas confirmés ont été enregistrés, avec une létalité estimée à 48 %. Plus de 900 malades sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement, tandis que le taux de suivi des contacts s’élève à 85 %.
Le bilan fait également état de 3 310 décès et de 1 611 guéris

L’épidémie est désormais présente dans 61 zones de santé réparties dans six provinces du pays.
180 JOURS POUR CONTROLER L’EPIDEMIE
Avec ce nouveau plan et les ressources annoncées, les autorités sanitaires affichent l’ambition de contrôler l’épidémie au cours des 180 prochains jours.
Un objectif qui repose sur une réponse intégrée combinant surveillance épidémiologique, vaccination, prise en charge gratuite, mobilisation communautaire et implication de l’ensemble des secteurs de la riposte. La réussite de ce nouveau dispositif dépendra toutefois de la disponibilité effective des ressources, de l’accès aux zones affectées et surtout de l’adhésion des communautés.

Margarita-Rosa Ngoy

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