Conflit foncier à la N’sele : Plus de 12000 ménages craignent le déguerpissement

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Un climat d’inquiétude règne dans la commune de la N’Sele, à Kinshasa, où plus de 12 000 ménages seraient menacés de déguerpissement dans le cadre d’un conflit foncier les opposant à la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Les habitants concernés dénoncent des expulsions qu’ils jugent irrégulières et sollicitent l’intervention des autorités pour obtenir une clarification de leurs droits.
L’alerte a été lancée samedi 17 octobre 2026 par Me Emery Kamanda, avocat-conseil des familles concernées. Selon lui, les occupants des parcelles visées disposent de documents attestant, à leurs yeux, l’acquisition légale de leurs terrains. Ils contestent dès lors les opérations de déguerpissement engagées à leur encontre.
D’après l’avocat, certaines expulsions auraient été menées sans notification préalable aux habitants concernés. Cette situation accentue l’inquiétude de nombreuses familles, désormais confrontées à l’incertitude quant à leur avenir.
Un différend sur les superficies concernées
Au cœur du litige se trouve une divergence importante sur l’étendue du terrain revendiqué.
Selon les informations communiquées par Me Emery Kamanda, les chefs coutumiers de la zone auraient cédé à la FECOFA une superficie de 14 hectares. Toutefois, la fédération détiendrait un certificat d’enregistrement portant sur un périmètre de 214 hectares.
Cet écart soulève des interrogations sur les limites exactes du domaine revendiqué, ainsi que sur la validité et la portée des différents titres fonciers en circulation dans cette partie de la N’Sele.
Pour les représentants des habitants, une clarification administrative et judiciaire s’impose afin de déterminer les droits de chaque partie et de prévenir une aggravation des tensions.
Un appel à l’intervention des autorités
Face à cette situation, Me Emery Kamanda a sollicité l’intervention du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour favoriser la recherche d’une solution durable.
Les habitants concernés souhaitent que les procédures engagées soient examinées à la lumière des documents disponibles et que les droits de toutes les parties soient respectés.
Dans une ville où les conflits fonciers constituent une source récurrente de tensions, cette affaire remet en évidence les difficultés liées à la gestion des terres urbaines, notamment lorsque les droits coutumiers, les titres administratifs et les documents privés se chevauchent ou sont contestés.
Alors que des milliers de familles craignent de perdre leurs habitations, les autorités compétentes sont appelées à faire toute la lumière sur ce dossier. Une vérification rigoureuse des titres, des superficies et des procédures de déguerpissement apparaît essentielle pour éviter que ce différend ne dégénère en crise sociale.
J-P Djoko

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