FRN : le risque d’une « congolisation » de la guerre d’agression

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Frappé par des sanctions occidentales en raison de son implication dans l’agression contre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda travaillerait d’arrache-pied pour « congoliser » la guerre qui sévit dans l’Est du pays. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le président rwandais, Paul Kagame, cherche à imposer son propre narratif sur les violences qui secouent cette partie du territoire congolais.
Alors que plusieurs rapports d’experts des Nations unies pointent du doigt Kigali pour son rôle dans l’instabilité de la sous-région, notamment son implication dans le conflit armé dans l’Est de la RDC, les autorités rwandaises continuent de présenter la crise comme un « conflit interne entre Congolais », tout en apportant leur soutien au mouvement rebelle.
La création du Front pour la refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire porté par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, alimente les interrogations sur la stratégie de Kigali, qui chercherait à se soustraire aux sanctions occidentales en transférant la responsabilité du conflit aux Congolais eux-mêmes.
Tantôt, le Rwanda justifie la présence de ses militaires sur le sol congolais par la nécessité de se défendre contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), présentées comme une menace à sa sécurité. Tantôt, il invoque la nécessité de protéger la communauté banyamulenge vivant en RDC, qu’il présente comme victime de discriminations. Cette dernière justification a toujours été rejetée par des notables banyamulenge, qui accusent Kigali d’instrumentaliser les questions identitaires pour justifier son agression et le pillage des ressources congolaises.
NE PAS SE LAISSER ENFERMER DANS UNE RIVALITÉ TSHISEKEDI-KABILA
En réalité, le FRN pourrait, aux yeux de plusieurs observateurs, être l’arbre qui cache la forêt : le Rwanda. Plusieurs analystes de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC estiment qu’il serait imprudent de réduire la crise à une rivalité entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila. Selon cette lecture, le principal acteur extérieur de la guerre d’agression reste le président rwandais, Paul Kagame.
Dans ce contexte, Kinshasa est appelé à maintenir sa ligne de défense, qui désigne Kigali comme le principal agresseur de la RDC. Une accusation étayée par plusieurs rapports d’experts internationaux.
Réduire aujourd’hui le conflit dans l’Est du Congo à une simple confrontation entre le président en exercice et son prédécesseur reviendrait, selon cette analyse, à faire le jeu du Rwanda, qui chercherait à se soustraire à ses responsabilités dans cette crise.
KINSHASA RESTE FERME : LES RDF DOIVENT QUITTER LE SOL CONGOLAIS
À l’instar des États-Unis d’Amérique, le gouvernement congolais insiste sur le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord de paix de Washington. Dans une récente publication sur X (ex Twitter), le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a appelé le Rwanda à retirer ses militaires du territoire congolais.
« Parallèlement au processus de neutralisation des FDLR en cours, le Rwanda doit retirer ses troupes de la RDC », a-t-il déclaré, annonçant également la tenue d’une nouvelle réunion du comité conjoint de coordination de l’accord RDC–États-Unis, destinée à faire le point sur les progrès enregistrés.
Le ministre de la Communication et Médias s’est également montré catégorique face à ce qu’il considère comme une stratégie de diversion du Rwanda visant à éviter l’exécution de ses engagements pris à Washington.
« Ce ne sont pas les nouvelles sirènes du père, Rwanda, et du fils, M23-New look, qui peuvent perturber les différents processus de paix en cours », a-t-il lancé.
Dans une autre publication, Patrick Muyaya avait qualifié le FRN de groupe armé supplétif du Rwanda, malgré la dénomination adoptée par ce mouvement.

E.N

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