RDC-USA : Un partenariat stratégique historique au-delà d’un simple accord

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« Le texte qui a été signé n’est pas un deal, ce n’est pas un contrat. Ce n’est pas un document qui dit “A va céder à B ceci contre cela”. C’est un texte qui établit le cadre d’une coopération renforcée dans les domaines économique, commercial, de la gouvernance et bien d’autres », a déclaré le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le mardi 30 décembre 2025, lors d’un briefing spécial coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.

Il a rappelé que les relations diplomatiques entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis d’Amérique sont anciennes. En effet, un texte datant d’août 1984 définissait déjà un cadre d’encouragement et de protection des investissements entre les deux pays.

L’article 3 de ce nouveau document stipule, en son premier alinéa :

« Les États-Unis reconnaissent la République démocratique du Congo comme un partenaire stratégique des États-Unis d’Amérique. »

Cette reconnaissance repose sur la profondeur et l’importance de la relation bilatérale, ainsi que sur l’engagement commun des deux États à promouvoir la paix, la stabilité et le développement économique.

La RDC rejoint ainsi le cercle très restreint des pays africains bénéficiant de ce statut, aux côtés du Kenya, du Maroc et, dans une certaine mesure, de l’Égypte — bien que dans ce dernier cas, aucun document formel n’ait été signé.

Dans ce cadre, les deux nations ont convenu d’explorer plusieurs axes de collaboration : Économie et commerce, Sécurité et défense, Coopération scientifique, technologique et éducative  et Renforcement institutionnel et gouvernance

C’est dans cet esprit qu’a été signé le mémorandum d’entente, acte fondateur de cette coopération stratégique élargie entre Washington et Kinshasa.

Un tournant géostratégique avec un partenariat stratégique renforcé

 

« Ce que nous avons fait le 4 décembre, c’est franchir une nouvelle étape : nous sommes passés d’un simple niveau de coopération bilatérale à un partenariat stratégique », a déclaré le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.

Selon lui, le document signé contient 18 articles à forte portée technique, accompagnés de deux annexes uniquement : l’une définissant les termes clés du partenariat, et l’autre précisant les critères d’éligibilité pour certaines catégories de projets. « Il n’existe pas d’autres annexes au-delà de celles-ci », a-t-il précisé.

Abordant le fond du partenariat, le VPM a expliqué : « Ce document fixe les domaines de coopération entre les deux pays. Et certains pourraient se demander : pourquoi les États-Unis ont-ils choisi la RDC comme partenaire stratégique ? »

À cette question, Mukoko Samba a répondu de manière claire :

« Il y a évidemment une dimension géopolitique. La RDC regorge de ressources naturelles stratégiques, notamment les métaux critiques dont les puissances développées ont besoin pour maintenir leur développement économique,   soutenir leur industrie  et garantir un haut niveau de technologie militaire. »

 

Il a souligné que ce partenariat s’inscrit dans un contexte global de rivalité entre superpuissances, et que la position géostratégique et les richesses du pays placent la RDC au cœur des enjeux mondiaux actuels.

Ce partenariat marque ainsi une nouvelle ère dans les relations entre Kinshasa et Washington, avec des retombées attendues dans plusieurs secteurs clés.

Un comité conjoint pour piloter le partenariat stratégique

 

Le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a détaillé les mécanismes de gestion et de suivi prévus dans le cadre du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis.

Selon lui, l’accord prévoit une révision tous les trois ans, permettant d’amender certains aspects et d’en améliorer d’autres selon l’évolution des priorités. En cas de retrait d’une des parties, un préavis écrit de cinq ans est exigé.

Un comité conjoint de pilotage est au cœur du dispositif. Il est composé de dix membres, cinq pour chaque pays. Du côté américain :  le département d’État,  le département du Trésor,  le département du Commerce,  ainsi que deux autres agences fédérales.

Les États-Unis ont déjà communiqué les noms de leurs cinq représentants.

Côté congolais, la délégation comprend :  le ministre de l’Économie,  la ministre d’État aux Affaires étrangères,  le ministre des Finances,  le ministre des Mines et un représentant de la Présidence, en l’occurrence le coordonnateur de la CONS.

« Chaque partie désigne un coprésident. Il n’y a ni président ni vice-président. Pour les États-Unis, c’est le représentant du Département d’État. Pour la RDC, c’est le ministre de l’Économie », a précisé Daniel Mukoko.

Le comité de pilotage se réunit deux fois par an et dispose d’un cahier de charges précisant ses responsabilités.

En parallèle, l’accord prévoit l’organisation d’un forum de coopération bilatérale tous les deux ans, afin de discuter des grandes orientations de la collaboration, en tenant compte du contexte bilatéral, régional et mondial.

Micha Kisalasala

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