À l’approche des grandes vacances à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, la question de l’occupation des espaces sportifs par des activités commerciales saisonnières refait surface. Dans plusieurs communes, des jeunes dénoncent la transformation progressive des terrains de football en sites de kermesses, au détriment des activités sportives.
Dans la commune de Lemba, un groupe de jeunes s’est fermement opposé à l’installation d’une kermesse sur le terrain GD, un espace traditionnellement réservé à la pratique du football et aux activités sportives communautaires. Pour exprimer leur mécontentement, les protestataires ont incendié des cartons et des morceaux de bois, un acte symbolique visant à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une appropriation abusive des infrastructures sportives.
« Nous refusons l’installation des kermesses au terrain GD de Lemba », a déclaré l’un des jeunes mobilisés, dénonçant la privatisation progressive des espaces publics dédiés à la jeunesse.
Le même phénomène a été observé dans la commune de Kalamu, notamment au terrain de Kamina situé au quartier Yolo Nord. Des groupes de jeunes s’y sont également mobilisés, banderoles à la main, pour s’opposer à toute transformation du terrain en espace de divertissement commercial.
Face à cette situation récurrente, les autorités provinciales avaient déjà pris position contre l’occupation anarchique des espaces publics. Le gouvernement provincial de Hôtel de Ville de Kinshasa avait récemment procédé à la démolition d’une kermesse installée dans l’enceinte de la maison communale de Bandalungwa. Cette action avait été présentée comme un signal fort adressé aux organisateurs d’événements saisonniers et aux autorités locales.
L’objectif est de préserver les espaces sportifs publics et empecher toute utilisation contraire, empêchant les jeunes de se divertir et développer leurs talents.
Du côté de la jeunesse, la vigilance reste de mise. Plusieurs associations sportives locales appellent à une réglementation claire et stricte de l’utilisation des terrains publics pendant la période des vacances scolaires. Elles estiment que les kermesses, bien qu’elles puissent constituer des activités récréatives et économiques, ne devraient pas se faire au détriment des infrastructures sportives déjà limitées dans la capitale.
Dans un contexte marqué par le manque d’espaces de loisirs structurés pour les jeunes à Kinshasa, ces tensions révèlent un enjeu plus large : celui de la cohabitation entre activités économiques saisonnières et préservation des infrastructures sportives publiques.
Pendant ce temps, la situation reste tendue dans plusieurs communes, et les jeunes promettent de poursuivre leur mobilisation pour défendre les terrains de football, qu’ils considèrent comme des espaces essentiels à l’encadrement et à l’épanouissement de la jeunesse kinoise.
E.N


