Réhabilitation du général Ekenge La réponse musclée de Kinshasa à Kigali

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Neuf mois après sa suspension pour des propos jugés discriminatoires, le général Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a repris du service à la suite de sa réhabilitation. Mais son retour aux fonctions n’a pas été du goût de Kigali, qui accuse les autorités congolaises d’entretenir un discours de haine à l’égard de la communauté tutsie.

Les protestations du Rwanda ne se sont pas limitées aux réseaux sociaux, notamment à X, anciennement Twitter. Au Conseil de sécurité des Nations unies, son représentant est également revenu sur la réhabilitation du porte-parole des FARDC, une décision qui irrite fortement les autorités rwandaises. Ces dernières exercent des pressions sur Kinshasa afin d’obtenir le remplacement du général Sylvain Ekenge.

Ces critiques du Rwanda à l’égard des décisions prises par les autorités congolaises ont suscité une vive réaction de Kinshasa, par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, au cours de la session du mardi 29 septembre.

« Le Rwanda ne peut pas nous demander de nommer des officiers qu’il désigne. Ça n’a pas de sens », a répliqué le diplomate congolais.

L’ambassadeur congolais a, par ailleurs, recadré les autorités de Kigali, fustigeant ce qu’il considère comme une ingérence dans une question relevant des affaires internes de la RDC.

« Le général-major Sylvain Ekenge est un officier de l’armée congolaise qui a été réhabilité dans ses fonctions de porte-parole, et le Rwanda s’en prend à cela. C’est incroyable! », S’est étonné Zénon Mukongo.

Une politique de diversion

Pour le représentant congolais à l’ONU, l’intérêt du Rwanda serait ailleurs. Il établit notamment un lien entre cette controverse et, selon lui, la volonté de Kigali de poursuivre l’exploitation des ressources naturelles congolaises.

« Je sais que ce sont les richesses de la RDC, nos ressources naturelles, mais cela a une fin. Vous n’allez pas continuer à les piller ad vitam aeternam », a dénoncé Zénon Mukongo.

Ce n’est pas la première fois que le Rwanda est accusé par Kinshasa de recourir à une politique de diversion pour déplacer le débat autour de la guerre dans l’est de la RDC. Au lieu de faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre des engagements contenus dans l’accord de paix de Washington, notamment le retrait des troupes rwandaises déployées dans les zones sous occupation rebelle, Kigali choisit, selon Kinshasa, de mettre en avant une question relevant de la gestion interne de la RDC.

Face aux accusations et à ce que Kinshasa considère comme une ingérence rwandaise, le représentant permanent de la RDC à l’ONU a donc choisi le recadrage, estimant nécessaire de maintenir le débat sur les enjeux liés au conflit et à la mise en œuvre des engagements de paix.

E.N

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