Invité au briefing de presse du jeudi 1er octobre 2026, coanimé par le ministre Patrick Muyaya, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, a sollicité la subvention du secteur énergétique, à l’instar du secteur pétrolier.
Pour lui, il est incompréhensible que le secteur de l’énergie, qui couvre 60 % des usagers, ne soit pas subventionné, alors que le secteur pétrolier, qui compte autour de 10 % d’usagers, bénéficie de la subvention de l’État.
Face à la presse, le DG de la SNEL a expliqué les problèmes liés à la faible desserte en électricité dans la ville-province de Kinshasa, à l’origine de coupures régulières et intempestives.
Il a notamment évoqué la faible capacité de production d’énergie, estimée à 580 mégawatts, alors que les besoins seraient de l’ordre de 1 200 mégawatts pour assurer une desserte normale. Toutefois, cette capacité atteint désormais jusqu’à 700 mégawatts grâce aux efforts fournis, notamment dans le cadre de l’assainissement du réseau.
« Le grand problème que nous avons aujourd’hui, c’est celui de la production. Nous produisons peu, mais nous consommons beaucoup », a révélé Teddy Lwamba, soulignant le projet d’accroissement de la capacité de desserte à Kinshasa.
Il a affirmé que l’hydroélectricité est saisonnière, attribuant ces perturbations de la desserte à la baisse drastique du niveau des eaux.
Problème financier
Le DG de la SNEL a également évoqué le problème financier auquel la société fait face. À l’en croire, il existe des difficultés de recouvrement auprès de la clientèle de basse tension, dont le tarif fixé par l’État privilégie un coût social afin d’éviter la grogne sociale.
Dans la même perspective, le numéro un de la SNEL a également soulevé le problème des 25 % que l’État doit à cette société. D’après lui, l’absence de moyens financiers limite les possibilités d’investissement de la SNEL. Il a affirmé que la plus grande part des recettes de la SNEL est consacrée au paiement des dettes, de sorte que seulement 15 % sont consacrés aux investissements.
Solutions
Concernant les solutions prévues pour pallier le déficit de la desserte en électricité, le DG de la SNEL a annoncé le projet de centrale flottante, qui fait recours à un bateau à gaz, présenté comme une solution d’urgence. Il a notamment cité le Ghana et le Nigeria, qui ont également eu recours à ce modèle de production d’énergie.
Concernant la réhabilitation des barrages hydroélectriques, le numéro un de la SNEL a fait comprendre qu’il faudra sept ans pour réhabiliter ces infrastructures, alors que les attentes des usagers sont pressantes.
Incendies récurrents à Kinshasa
Questionné sur la responsabilité de la SNEL dans la récurrence des cas d’incendie, le DG Teddy Lwamba a déclaré que ce problème provient des installations internes. À l’en croire, le tripatouillage des points d’installation par des personnes non qualifiées en est la principale cause.
« Ne touchez pas aux installations de la SNEL si vous n’êtes pas agent de cette société », a-t-il sensibilisé.
E.N


