Anthrax à Semuliki : les carcasses d’hippopotames font craindre un risque sanitaire

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Plusieurs hippopotames retrouvés morts dans la rivière Semuliki, dans le territoire de Beni, ont été testés positifs au charbon bactéridien. Face au risque de contamination, l’ICCN appelle les populations riveraines à ne toucher ni aux carcasses ni à leur viande.
L’alerte sanitaire se précise dans le territoire de Beni. Depuis une semaine, plusieurs hippopotames morts sont retrouvés dans la rivière Semuliki, entre Ruwenzori et Bashu. Après les premières alertes lancées par les écogardes du Parc national des Virunga, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a mené des investigations.
Dans un communiqué publié le 30 septembre à Ishango, l’ICCN confirme que les analyses réalisées avec les vétérinaires de Virunga Doctors ont identifié le charbon bactéridien, ou anthrax, comme cause de la mort des animaux.
Un danger direct pour l’être humain
La principale inquiétude concerne désormais l’exposition des populations riveraines. L’anthrax est une maladie infectieuse provoquée par une bactérie dont les spores peuvent rester longtemps dans l’environnement. Les personnes peuvent notamment être exposées en manipulant une carcasse infectée ou en consommant sa viande.
Le risque est particulièrement préoccupant dans les zones où la découverte d’un animal mort peut inciter des habitants à récupérer sa viande. Une carcasse d’hippopotame représente en effet une quantité importante de viande, ce qui peut rendre difficile le réflexe de s’en éloigner malgré le danger.
L’ICCN recommande donc de ne toucher, découper, transporter ou consommer aucun hippopotame retrouvé mort. Toute nouvelle carcasse doit être signalée aux services compétents afin qu’elle soit prise en charge dans des conditions sécurisées.
Une maladie favorisée par les conditions environnementales
Les spores responsables de l’anthrax peuvent persister pendant plusieurs décennies dans le sol. En période de sécheresse, la baisse du niveau des eaux concentre les animaux autour de points d’eau et augmente leur contact avec la boue et les sols contaminés.
La région des Grands Lacs a déjà connu des épisodes similaires. Le lac Édouard avait notamment enregistré un phénomène comparable l’année dernière, tandis que des cas sont régulièrement observés dans le parc ougandais voisin durant la saison sèche.
L’ICCN affirme avoir activé un protocole de riposte sur le terrain. Pour les autorités de conservation, l’enjeu est désormais double : limiter la mortalité de la faune et surtout empêcher que la manipulation ou la consommation des carcasses ne provoque des cas humains.
José Mutumbula

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