RDC : Denis Mukwege s’oppose à toute révision de la Constitution

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Prix Nobel de la paix et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, le Dr Denis Mukwege s’est, à son tour, invité dans le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée le dimanche 17 mai, Denis Mukwege s’est opposé à toute initiative visant à modifier la Constitution, rappelant que le « second et dernier mandat » du président Félix Tshisekedi prendra fin le 20 janvier 2029.
Selon lui, l’ouverture du débat autour d’une possible révision constitutionnelle aurait pour objectif de permettre à l’actuel chef de l’État de briguer un troisième mandat. Une telle démarche constituerait, à ses yeux, une menace pour les principes fondamentaux de la démocratie.

Pas d’élections reportées, pas de référendum pour Mukwege

Pour Denis Mukwege, le contexte sécuritaire marqué par la guerre d’agression dans l’Est du pays ne devrait pas servir de prétexte à un report des élections, alors même qu’un référendum serait envisagé dans le cadre d’un éventuel changement de la Constitution.
« Si certains spéculent déjà sur un probable report des élections prévues en 2028 en invoquant des raisons sécuritaires qui priveraient plus de 12 millions de citoyens du Nord-Kivu et du Sud-Kivu de participer au scrutin, les mêmes raisons empêcheraient également l’organisation d’un référendum national permettant au souverain primaire de se prononcer sur un changement de la Loi fondamentale », a argumenté le gynécologue de Panzi.
Le Prix Nobel de la paix a également rappelé la position défendue par plusieurs membres de l’actuelle majorité lorsqu’ils étaient dans l’opposition.

« Le problème n’est pas celui des textes »

À l’instar de Modeste Bahati Lukwebo, Denis Mukwege estime que la RDC ne souffre pas d’un problème lié aux textes légaux, mais plutôt à leur application et à la qualité de la gouvernance.
« Notre pays a un très sérieux problème, non pas de textes légaux inadaptés ou imposés de l’extérieur, mais plutôt de femmes et d’hommes capables de le gouverner efficacement en garantissant à la population la paix, la justice, le travail et la dignité pour tous », a déclaré Denis Mukwege.

Une menace pour la cohésion sociale

D’après l’ancien candidat à la présidentielle, une initiative de modification de la Constitution pourrait engendrer une crise politique et raviver des tensions susceptibles de fragiliser la cohésion sociale.
À cet effet, Denis Mukwege a exhorté le pouvoir en place à renoncer à toute modification du contrat social, notamment en ce qui concerne la durée du mandat présidentiel. Il a également rappelé les dispositions des articles 219 et 220 de la Constitution, qui interdisent toute révision constitutionnelle en période de guerre ou d’état de siège, tout en encadrant strictement la durée et le nombre de mandats du président de la République.

E.N

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