17e épidémie d’Ebola en Ituri : le gouvernement congolais mise sur son expérience

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« Seize fois déclarée, seize fois vaincue. Cette fois ne sera pas différente », a rassuré le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, en déclarant officiellement samedi dernier la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, précisément dans la province de l’Ituri.

La maladie a fait à ce jour 8 cas confirmés, 350 cas suspects et plus de 80 décès.

Une réponse rapide mise en place

Face à l’urgence sanitaire, le patron de la santé en RDC séjourne depuis dimanche à Bunia afin de s’enquérir personnellement de la situation et de superviser les premières mesures de riposte.

« Nous sommes là pour compléter la riposte avec notamment des ressources matérielles et humaines du Centre des opérations d’urgence en santé publique (COUSP). Grâce à l’implication du gouvernorat, trois sites ont été choisis pour ériger nos centres de traitement : Rwampara, Mongbwalu et Bunia. Tout en sachant que les hôpitaux sont déjà sous tension avec 59 malades activement pris en charge, les trois sites ciblés permettront d’élargir nos capacités », a-t-il déclaré dès sa descente d’avion.

Les équipes de surveillance, de prise en charge et de vaccination ont également été renforcées afin de limiter la propagation du virus dans les zones affectées.

Une riposte appuyée par les partenaires

En appui à la riposte, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déployé à Bunia près de 7 tonnes de fournitures et d’équipements médicaux d’urgence.

Ces équipements, incluant des dispositifs de protection individuelle, des tentes et des lits d’hospitalisation, permettront d’intensifier les interventions de première ligne, de renforcer la prévention et le contrôle des infections afin de protéger les communautés dans les zones affectées.

Selon la représentante de l’OMS en RDC, Anne Ancia, la situation exige une mobilisation rapide et coordonnée afin d’éviter une propagation plus large de la maladie dans cette province déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations.

« Nous appelons la population à collaborer avec les équipes sanitaires, à signaler rapidement les cas suspects et à respecter les mesures de prévention. La riposte ne peut réussir sans l’implication de la communauté », a-t-elle insisté.

Une nouvelle épidémie à portée internationale

En parallèle, la 17e épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo suscite une inquiétude croissante au niveau international. Selon le site des Nations Unies, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré dimanche une urgence de santé publique de portée internationale après la propagation de l’épidémie en RDC et en Ouganda.

« Cette décision, annoncée par le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, conformément au Règlement sanitaire international, intervient alors que les autorités sanitaires redoutent une flambée régionale difficile à contenir », a-t-on appris.

L’inquiétude internationale s’est intensifiée après la confirmation de deux cas à Kampala, la capitale ougandaise, chez des voyageurs revenant de RDC. L’un des patients est décédé, renforçant les craintes d’une propagation transfrontalière dans la région des Grands Lacs.

Face à cette situation, les autorités sanitaires congolaises et ougandaises ont renforcé la surveillance aux frontières, le traçage des contacts ainsi que les dispositifs de détection rapide dans les zones à haut risque.

Une vigilance collective indispensable

Alors que la RDC possède l’une des plus grandes expériences africaines dans la lutte contre Ebola, les autorités rappellent néanmoins que la maîtrise de cette 17e épidémie dépendra autant de la rapidité de la riposte que de l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires. Entre surveillance, prise en charge et prévention, le défi reste désormais d’éviter une propagation régionale du virus et de protéger durablement les populations exposées.

Margarita-Rosa Ngoy 

 

 

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