Hantavirus : pas de peur, mais la vigilance (Dr Jean-Jacques Mbungani)

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Depuis avril dernier, la presse internationale alerte sur la présence de l’Hantavirus après la détection de quelques cas à bord d’un navire ayant accosté au Cap-Vert. Ce virus a été identifié pour la première fois dans les années 1950, durant la guerre de Corée, notamment à travers des cas de fièvre hémorragique.

Depuis plusieurs semaines, certains cas ont également été signalés en Amérique latine avant d’être rapportés dans quelques pays européens et asiatiques. Cette situation relance les débats autour de la surveillance des maladies émergentes et des enjeux de santé publique en Afrique centrale et subsaharienne.

*Alerte sur les symptômes et les modes de transmission*

Face aux inquiétudes suscitées par cette maladie, le Dr Jean-Jacques Mbungani, ancien ministre congolais de la Santé publique, rappelle que les symptômes ainsi que les modes de transmission varient selon les souches du virus.

« La période d’incubation varie généralement d’une à six semaines. La maladie présente plusieurs souches, mais la plus dangereuse reste la souche Andes, originaire d’Amérique du Sud. Celle-ci peut se transmettre d’un individu à un autre, contrairement à d’autres souches. Le mode de transmission le plus fréquent reste toutefois le contact avec des particules provenant des réservoirs du virus, notamment les rats, les souris ou encore les campagnols. Ce sont les excréments et sécrétions de ces rongeurs infectés qui peuvent contaminer l’être humain », explique-t-il.

L’expert souligne également que les manifestations cliniques diffèrent selon les formes de la maladie, certaines pouvant être particulièrement sévères.

« La maladie peut se manifester par une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ainsi que des troubles digestifs. Dans les cas les plus graves, elle peut provoquer un syndrome cardio-pulmonaire ou encore des atteintes rénales », précise le Dr Mbungani.

*Pas de risque mondial, mais la vigilance reste de mise*

Bien que l’Hantavirus soit considéré comme une maladie endémique dans certaines régions du monde, l’Organisation mondiale de la santé estime qu’il n’existe actuellement aucun risque de propagation mondiale. Une analyse que partage le Dr Jean-Jacques Mbungani, tout en appelant à la prudence au regard du contexte épidémiologique de la RDC.

« L’Hantavirus appartient à la grande famille des zoonoses, c’est-à-dire des maladies dont le réservoir est animal. Le risque de propagation en RDC ne peut donc pas être totalement exclu, d’autant plus que notre écosystème est favorable à plusieurs épidémies et que diverses zoonoses y ont déjà été recensées », souligne-t-il.

Et d’ajouter : « La maladie n’est pas présente chez nous à ce jour, mais l’appel est à la vigilance. La prévention repose essentiellement sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et leurs excréments. Il faut également préciser que l’Hantavirus ne doit pas être confondu avec Ebola ou le Mpox, qui sont eux aussi des zoonoses. Donc pas de panique, mais de la vigilance. »

Selon certaines analyses, les souches circulant sur le continent africain seraient moins agressives que celles observées dans d’autres régions du monde. À ce jour, aucun traitement spécifique contre l’Hantavirus n’existe. La prise en charge demeure essentiellement symptomatique.

Margarita-Rosa Ngoy

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