Kinshasa : les mototaximen lassés des tracasseries répétées à la place Victoire

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Un groupe d’agents de la Police opérant à la place Victoire, dans la commune de Kasa-Vubu, est accusé de tracasseries à l’encontre des mototaximen. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des hommes en tenue civile, appuyés par des policiers, procèdent régulièrement à l’interpellation de conducteurs de motos dans les environs de la Place des Artistes.

 

Toutes les raisons semblent être invoquées pour justifier ces arrestations. Jeudi 18 juin, un mototaximan a ainsi vu sa moto confisquée alors qu’il se trouvait au nouvel arrêt réservé aux motos, aux côtés de ses collègues en attente de clients.

« Nous sommes pourtant à la limite qui nous a été imposée », a déclaré un autre mototaximan, préférant quitter les lieux par crainte de subir le même sort.

Selon des témoins, quatre policiers accompagnés d’un homme en tenue civile ont encerclé le conducteur avant de lui arracher la clé de contact. « Descends de la moto, tu veux faire la tête dure », aurait lancé l’un des policiers en sommant le motard de remettre son engin. Une fois l’ordre exécuté, un autre membre du groupe, vêtu d’un maillot des Léopards, serait monté sur la moto pour la conduire vers leur poste.

« Celui que vous voyez en tenue civile est leur éclaireur. Son rôle consiste à repérer les conducteurs distraits afin qu’ils soient arrêtés arbitrairement », a confié un mototaximan à Vraie Thématique, avant d’ajouter : « Ils nous font vivre un véritable calvaire ici tous les jours. »

 

Cette pratique est également dénoncée par les mototaximen opérant sur l’avenue Lisala, toujours dans la commune de Kasa-Vubu. À cet endroit, des hommes en tenue civile, se présentant comme des agents des transports, seraient également à l’origine de nombreuses interpellations.

« Ils ne détiennent pourtant ni document de service, ni ordre de mission, encore moins une chasuble permettant de les identifier comme agents des transports. Pourtant, ils arrêtent les mototaximen dont les documents ne sont pas en règle ou qui n’ont pas payé la quittance de 500 francs congolais », a affirmé un conducteur rencontré au croisement des avenues Lisala et Kasa-Vubu.

 

D’après plusieurs témoignages concordants, les amendes infligées aux contrevenants présumés peuvent atteindre jusqu’à 100 000 francs congolais pour les cas les plus sévèrement sanctionnés.

 

Cette situation soulève plusieurs interrogations : qui est habilité à interpeller un mototaximan en cas d’infraction au Code de la route ? Quelle est la destination des amendes perçues auprès des conducteurs ? Quels sont les arrêts officiellement reconnus pour les motos et les véhicules ? Autant de questions qui demeurent sans réponses à ce jour.

 

Face à ces dénonciations récurrentes, une intervention rapide des autorités compétentes est vivement souhaitée afin de rétablir l’ordre dans ce secteur. Plusieurs observateurs estiment qu’il est inadmissible que des personnes non clairement identifiées se présentent comme agents des transports sans mandat apparent d’un service habilité. Ils appellent également la hiérarchie policière à renforcer le contrôle de ses éléments afin de mettre fin aux pratiques d’arrestations arbitraires régulièrement dénoncées par les usagers.

 

E.N

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