Ebola Bundibugyo : près de 1 000 cas suspects recensés dans l’Est de la RDC

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Le gouvernement congolais a dressé un état des lieux préoccupant de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo qui sévit actuellement dans l’Est de la République démocratique du Congo, le mardi 26 mai 2026 lors d’un briefing spécial Co animé entre le ministre de la Santé Roger Kamba et son collègue le ministre de la communication Patrick Muyaya .

Lors d’une intervention publique, le ministre de la Santé a indiqué qu’environ 1 000 personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola ont été recensées à ce jour dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon les autorités sanitaires, ces chiffres restent provisoires et évolutifs, dans un souci de transparence totale voulu par le gouvernement. Parmi les cas symptomatiques enregistrés, 101 ont été confirmés positifs après analyses en laboratoire.
Le ministre a précisé que près de 30 à 35 % des tests effectués se révèlent positifs. Toutefois, les autorités restent prudentes dans la communication des statistiques, expliquant que tous les cas suspects ne sont pas nécessairement atteints du virus.
Environ 220 décès probables liés à Ebola ont été recensés jusque-là, dont 17 cas confirmés par tests de laboratoire. Les autorités sanitaires suivent également près de 3 600 personnes identifiées comme cas contacts. Ces dernières sont classées selon différents niveaux de risque, allant des contacts à haut risque — notamment les proches ayant soigné des malades — aux contacts occasionnels.
Actuellement, environ 230 patients présentant des symptômes sont pris en charge dans des centres de traitement et d’isolement.
Le ministre de la Santé a rappelé que seules trois provinces sont officiellement touchées par l’épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Sept zones de santé sont concernées en Ituri, trois au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu. Il a insisté sur le fait qu’aucun cas confirmé n’a été détecté en dehors de ces provinces, malgré les nombreuses alertes signalées à travers le pays.
Contrairement à la souche Ebola Zaïre, la variante Bundibugyo ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique disponible à grande échelle. Cependant, les autorités congolaises ont sollicité auprès des États-Unis un anticorps monoclonal expérimental capable d’agir contre plusieurs souches d’Ebola, notamment Zaïre, Soudan et Bundibugyo.
Ce traitement, encore au stade d’essai clinique, pourrait être utilisé prochainement si les discussions avec les partenaires américains aboutissent. En attendant, la prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes : réhydratation, assistance respiratoire et transfusions sanguines en cas d’hémorragies sévères.
Le gouvernement affirme avoir déjà renforcé la riposte avec l’acheminement de plusieurs tonnes d’équipements médicaux et de milliers de tests de dépistage dans les zones affectées.
Le ministre a également rendu hommage aux médecins, infirmiers et autres prestataires de soins décédés dans l’exercice de leurs fonctions, les qualifiant de « héros de la nation ».
Enfin, les autorités appellent les populations à respecter strictement les mesures de prévention, notamment l’évitement des contacts avec les malades et l’organisation d’enterrements sécurisés afin de limiter la propagation du virus.

 

Micha Kisalasala

 

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