Le lancement du transport moderne de marchandises sur la rivière Inkisi ouvre de nouvelles perspectives pour l’évacuation des produits agricoles, le développement des PME congolaises et la création d’emplois au Kongo Central. Porté par le Gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale, ce projet prévoit la mise en service de trois bateaux d’une capacité cumulée de 6 700 tonnes et l’aménagement de 15 quais pour renforcer les échanges commerciaux.
La rivière Inkisi est appelée à jouer un rôle accru dans le développement économique du Kongo Central. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a procédé, vendredi 16 octobre 2026, au lancement du transport moderne de marchandises sur ce cours d’eau, dans le cadre du projet TRANSFORME, avec l’appui de la Banque mondiale.
Cette initiative vise notamment à désenclaver le territoire de Madimba, à faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les centres de consommation et à offrir de nouvelles opportunités aux entrepreneurs locaux. Elle intervient dans un contexte marqué par la dégradation avancée de la route nationale numéro 16, qui complique les échanges commerciaux et le transport des marchandises.
Le transport fluvial apparaît ainsi comme une solution complémentaire pour améliorer la liaison entre les bassins de production et les marchés, tout en réduisant les contraintes logistiques auxquelles sont confrontés les producteurs et les opérateurs économiques.
Trois bateaux pour transporter 6 700 tonnes de marchandises
Le dispositif prévoit la mise en service de trois bateaux, pour une capacité cumulée annoncée de 6 700 tonnes, sur un corridor navigable d’environ 105 kilomètres reliant Kilemfu à Mbaka.
Cette nouvelle voie de transport devrait faciliter l’évacuation des récoltes, l’approvisionnement des unités de transformation en matières premières et l’acheminement des marchandises vers les marchés. Elle pourrait également contribuer à réduire les pertes liées aux difficultés de transport et à améliorer les conditions de commercialisation des produits locaux.
La proximité des infrastructures constitue un autre atout. Selon le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le site du futur port se trouve à environ 830 mètres de la gare d’Inkisi et à moins de 300 mètres de la route nationale numéro 1.
Cette configuration offre des possibilités de connexion entre les réseaux fluvial, ferroviaire et routier. Une telle complémentarité pourrait renforcer la circulation des marchandises et améliorer l’accès des producteurs de l’arrière-pays aux principaux circuits commerciaux.
Près de 60 PME congolaises mobilisées
Au-delà des infrastructures, le projet repose sur une dynamique entrepreneuriale fondée sur la mutualisation des ressources. Près de 60 petites et moyennes entreprises (PME) congolaises, dont 57 lauréates du Concours de plans d’affaires (COPA TRANSFORME), se sont regroupées au sein d’un groupement d’intérêt économique pour investir dans le transport cargo fluvial.
Selon le professeur Val Masamba, initiateur de ce regroupement, cette démarche vise à mettre en commun les moyens financiers, les compétences et les capacités opérationnelles des entrepreneurs congolais afin de développer une activité économique structurante.
L’appui du Gouvernement et de la Banque mondiale a contribué à la concrétisation de cette initiative, qui entend renforcer les capacités des entreprises locales et améliorer leur compétitivité.
La mutualisation des ressources devrait également faciliter l’accès aux matières premières provenant de l’arrière-pays, dont les difficultés d’acheminement constituent un frein aux activités de production et de transformation.
Pour ces PME, le transport fluvial représente donc une possibilité de diversifier leurs activités, d’élargir leurs débouchés et de participer davantage au développement économique de la province.
Environ 500 emplois attendus
Le projet devrait générer près de 500 emplois directs et indirects, notamment dans le transport, la manutention, le stockage, la maintenance des bateaux et la commercialisation des produits.
Il prévoit également la construction de 15 quais, d’entrepôts et d’autres infrastructures connexes destinées à renforcer les capacités logistiques du corridor.
La réalisation de ces aménagements devrait favoriser les échanges entre les producteurs agricoles, les unités de transformation et les centres de consommation. Elle pourrait aussi encourager de nouveaux investissements dans l’agriculture, l’élevage et les activités de services liées au transport des marchandises.
Pour les populations locales, les retombées attendues concernent notamment l’amélioration des débouchés commerciaux, la création d’activités génératrices de revenus et l’élargissement des possibilités d’emploi.
Toutefois, la concrétisation de ces perspectives dépendra de la mise en place effective des infrastructures annoncées et de la régularité des opérations de transport.
Le Gouvernement appelé à investir dans les infrastructures
Le développement durable du transport cargo sur la rivière Inkisi nécessitera des investissements publics complémentaires. Daniel Mukoko Samba a insisté sur la responsabilité de l’État dans la préparation et l’entretien des infrastructures indispensables à la navigation.
« C’est à l’État d’assurer le dragage, le balisage, la construction de quais d’accostage, mais également la réhabilitation des tronçons routiers qui vont permettre d’atteindre ces différents quais », a-t-il déclaré.
Ces travaux sont essentiels pour garantir la navigabilité du corridor, sécuriser les opérations et assurer une bonne connexion entre les points d’accostage et les zones de production.
Le renforcement des accès routiers apparaît particulièrement important pour éviter que les difficultés rencontrées sur les routes ne compromettent les avantages attendus du transport fluvial.
Jusqu’à présent principalement exploitée pour la production d’électricité et l’approvisionnement en eau potable, la rivière Inkisi pourrait ainsi acquérir une nouvelle dimension dans l’organisation des échanges commerciaux au Kongo Central.
Micha Kisala sala


