Depuis l’annonce du projet de changement de la Constitution, l’Église du Réveil au Congo (ERC) a adhéré, sans trop tergiverser, à cette initiative portée par la majorité présidentielle. Une position qui s’oppose diamétralement à celle de l’Église catholique, laquelle se présente comme gardienne de la Loi fondamentale.
La Coalition citoyenne pour la Nation (CCN), portée par l’Église du Réveil au Congo et présidée par l’archevêque Ejiba Yamapia, a organisé, le vendredi 5 juin dernier, une marche d’appel au référendum en faveur du changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Cependant, un fait a particulièrement retenu l’attention de nombreux observateurs : l’absence remarquée de plusieurs figures de proue de l’ERC, notamment l’évêque Pascal Mukuna, l’évêque Albert Kankenza, le pasteur Godé Mpoyi ainsi que d’autres responsables influents de cette confession religieuse.
Que s’est-il concrètement passé pour que l’archevêque Ejiba Yamapia se retrouve pratiquement seul lors de ce grand rendez-vous censé mobiliser plusieurs leaders religieux ? Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été fournie concernant cette situation.
Cette manifestation constituait un premier test grandeur nature pour l’ERC à travers la CCN. Selon certains acteurs de l’opposition, l’archevêque Ejiba Yamapia aurait essuyé un revers en raison d’une mobilisation jugée faible, ce qui traduirait, selon eux, une absence d’adhésion populaire au projet de révision constitutionnelle. À l’inverse, le leader de l’ERC estime que l’événement a été une réussite totale.
S’exprimant lors d’un Space organisé par le journaliste Stanis Bujakera, il a défendu le bilan de cette marche. « Les objectifs ont été atteints. Le peuple est sorti, il a marché », a déclaré le numéro un de l’ERC.
Pour l’archevêque Ejiba Yamapia, les critiques relatives à la faible mobilisation relèvent davantage d’une posture d’adversité politique. « Il y a le terme adversaire. Il n’envoie la caméra que pour filmer une chaise vide. Celui qui dit que ça n’a pas marché, c’est aussi son opinion et nous la lui concédons », a-t-il poursuivi.
Concernant le changement ou non de la Constitution, Ejiba Yamapia s’en remet à l’arbitrage du peuple. « Il nous faut un référendum pour départager ceux qui disent qu’il ne faut pas changer la Constitution et ceux qui disent qu’il faut la changer », a-t-il affirmé.
Tout en restant réservé sur la question d’un éventuel nouveau mandat pour le président Félix Tshisekedi, le leader de l’ERC a précisé le cadre de son combat : doter la République démocratique du Congo d’une Constitution adaptée aux réalités actuelles du pays et du monde, au service du bien-être de la population, de la bonne gouvernance et du renforcement de la souveraineté nationale.
Après cette première activité de la Coalition citoyenne pour la Nation, une question demeure : quelle sera la prochaine étape de cette mobilisation en faveur du référendum constitutionnel ?
E.N
La rédaction


