Un sommet mondial appelle à investir davantage dans le bien-être des enfants

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Plus de 600 participants venus de plus de 100 pays se réunissent les 21 et 22 octobre 2026 à Samarcande, en Ouzbékistan, pour faire du bien-être des enfants une priorité des politiques publiques. La santé, l’éducation, la protection contre la violence et l’accès aux services essentiels sont au cœur des échanges.
Les crises qui se multiplient menacent les progrès accomplis en faveur des enfants. Dans un message adressé au sommet, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé qu’« investir dans les enfants, c’est investir dans l’avenir ». Son allocution a été lue à l’ouverture par Sabine Mahl, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Ouzbékistan.
Les conflits, la pauvreté, les difficultés économiques, les urgences sanitaires et les chocs climatiques frappent particulièrement les enfants les plus vulnérables. Le recul de l’aide humanitaire et au développement, alors que de nombreux pays restent lourdement endettés, complique davantage la situation. António Guterres a appelé à dépasser les programmes isolés au profit de systèmes mieux coordonnés, capables de répondre durablement aux besoins des enfants.
Des engagements à inscrire dans les budgets
Le président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Khalilur Rahman, a exhorté les gouvernements à transformer leurs promesses en améliorations concrètes. « Un objectif n’a de sens que lorsqu’un enfant mange, apprend, reçoit des soins et rentre chez lui sain et sauf », a-t-il déclaré.
Alors que seuls 36 % des cibles évaluables des Objectifs de développement durable sont en bonne voie ou progressent modérément, il a appelé les pays à accélérer leurs efforts.
Il a notamment demandé que les engagements politiques s’accompagnent de financements, de responsabilités clairement définies et d’échéances précises. « Une déclaration ne peut vacciner un enfant. Une promesse ne peut payer un enseignant », a-t-il rappelé.
Le responsable onusien a également insisté sur la nécessité de mieux répondre aux besoins des enfants marginalisés, notamment ceux qui vivent dans la pauvreté, sont en situation de handicap ou de déplacement, ou subissent les conséquences des conflits et des catastrophes climatiques.
Il a enfin plaidé pour une transformation numérique qui offre davantage de possibilités aux jeunes, tout en les protégeant de l’exploitation, de la discrimination et des atteintes à leur vie privée.
L’aide en baisse, les besoins en hausse
La Première dame d’Ouzbékistan, Ziroat Mirziyoyeva, a alerté sur les conséquences de la forte diminution de l’aide humanitaire internationale.
Selon les projections d’experts qu’elle a citées, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans devait augmenter en 2025, pour la première fois au cours de ce siècle. « C’est un grave avertissement pour nous tous », a-t-elle déclaré.
Elle a également rappelé qu’un milliard d’enfants grandissent dans les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique.
Organisé par le gouvernement ouzbek avec plusieurs organismes des Nations Unies et la Banque mondiale, le sommet réunit des responsables politiques, des spécialistes, des représentants de la société civile et du secteur privé, ainsi que des enfants et des adolescents.
Éducation et soins : des enjeux liés
En Ouzbékistan, où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, les autorités ont fait du bien-être des enfants une priorité nationale. Selon Sabine Mahl, le taux de scolarisation préscolaire est passé de 27 % en 2017 à 78 % en 2026. Plus de 10 000 enfants en situation de handicap fréquentent désormais des écoles ordinaires, tandis qu’environ 1,5 million de familles bénéficient d’une aide sociale. En 2025, le pays a également adopté une loi visant à protéger les enfants contre toutes les formes de violence.
Le sommet accueille par ailleurs le deuxième Congrès international sur le cancer infantile. Les inégalités d’accès aux traitements restent importantes : selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent dans les pays à revenu élevé, contre moins de 30 % dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire. Chaque année, environ 400 000 enfants et adolescents reçoivent un diagnostic de cancer dans le monde. L’OMS vise un taux de survie mondial de 60 % d’ici à 2030.
À Tachkent, l’école Mehrli Maktab permet aux jeunes patients suivis au centre pédiatrique d’oncologie, d’hématologie et d’immunologie de poursuivre leur scolarité pendant leur traitement. Les cours leur offrent également l’occasion de garder le contact avec leurs camarades et de découvrir de nouveaux centres d’intérêt.
La participation des jeunes aux décisions qui les concernent constitue enfin l’un des messages clés du sommet. « Ils ont une voix, des idées, une expertise et un sentiment d’urgence », a rappelé Najat Maalla M’jid, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants.
Selon elle, les enfants doivent être considérés non seulement comme les bénéficiaires des politiques publiques, mais aussi comme des acteurs de leur propre avenir.
TS

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