Solidarité nationale : la RDC veut raviver l’esprit d’entraide entre les Congolais

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Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, procédera le 25 août 2026 au lancement officiel de la campagne de solidarité nationale. Initiée par le ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, cette campagne vise à redynamiser l’esprit d’entraide, de patriotisme et de solidarité entre les Congolais.
Présentée comme une initiative à caractère permanent, la campagne sera lancée dans un premier temps à Kinshasa, avant de s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire national. Elle entend mobiliser aussi bien les personnes physiques que les personnes morales autour d’un objectif commun : soutenir les populations les plus vulnérables.
Selon les initiateurs, cette démarche ne se limitera pas à la collecte de dons en nature ou en espèces. Elle vise également à restaurer une culture de solidarité qui, au fil des années, tend à s’effriter dans la société congolaise.

Plus de 15 millions de personnes vulnérables

La campagne intervient dans un contexte humanitaire particulièrement difficile. Le ministère des Affaires sociales estime à plus de 15 millions le nombre de Congolais se trouvant dans une situation de vulnérabilité.
Les conflits armés constituent la principale cause de cette situation, avec environ 60 % des cas. Les déplacements forcés de populations, provoqués notamment par les conflits et l’insécurité, exposent des millions de personnes à des conditions de vie précaires.
Les épidémies représentent, pour leur part, environ 25 % des situations de vulnérabilité. La RDC fait notamment face à des maladies telles que le choléra, la rougeole, le Mpox et Ebola.
Les 15 % restants sont liés aux aléas climatiques, notamment les pluies diluviennes, les inondations et les éboulements de terrain qui entraînent des pertes d’abris et de moyens de subsistance.
Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer les mécanismes nationaux de prise en charge humanitaire, dans un contexte marqué par la diminution de l’aide humanitaire extérieure.

Des mécanismes de collecte et de contrôle

Pour assurer la transparence et l’efficacité de l’opération, plusieurs structures publiques seront mises à contribution. La Caisse de solidarité nationale, placée sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, devra notamment intervenir dans le dispositif de solidarité.
La Direction générale de la solidarité nationale et de la réinsertion sera chargée, quant à elle, de la collecte des dons en nature.
Des comités de pilotage ont également été institués par arrêté. Ils réuniront des responsables du ministère ainsi que des partenaires humanitaires habituels. Leur mission consistera à orienter les opérations, évaluer régulièrement les besoins et déterminer les priorités pour la distribution des dons collectés.
Le comité fonctionnera sur une base bénévole, sans jetons de présence. Cette approche vise également à promouvoir le volontariat et l’engagement citoyen.
Un entrepôt servira au stockage des dons en nature avant leur distribution en fonction des besoins et des alertes humanitaires.

Les veuves, les personnes âgées et les enfants parmi les bénéficiaires

Les ressources mobilisées ne seront pas uniquement destinées aux victimes des conflits. La campagne entend également venir en aide à différentes catégories de personnes vulnérables prises en charge par le ministère.
Il s’agit notamment des veuves, des personnes du troisième âge, des personnes vivant avec handicap, des enfants en situation de rue, des orphelins et des indigents.
Le dispositif prévoit également de s’appuyer sur les travailleurs sociaux, dont plusieurs sont actuellement sans emploi, afin de leur offrir une opportunité de participer aux actions de solidarité nationale.
Pour les autorités, cette intervention doit contribuer à réduire la mendicité et à prévenir certaines situations de crise sociale. L’objectif est notamment de permettre aux personnes les plus démunies de bénéficier d’un accompagnement adapté.

Restaurer la confiance et combattre le tribalisme

Au-delà de l’assistance matérielle, la campagne porte un message de cohésion sociale. Les autorités souhaitent notamment lutter contre le tribalisme, les divisions et les discours hostiles qui se multiplient sur les réseaux sociaux.
L’appel lancé aux Congolais est celui d’un retour aux valeurs traditionnelles d’entraide et de partage. L’exemple des communautés où les familles partageaient spontanément leur nourriture avec les enfants du voisinage a été évoqué pour illustrer l’évolution des rapports sociaux.
La campagne veut ainsi reconstruire la confiance entre les citoyens et encourager une solidarité qui dépasse les appartenances familiales, communautaires ou politiques.

« Une seule équipe nationale »

Le message concerne également la classe politique. Les partis politiques sont invités à ne pas transformer leurs divergences en hostilité permanente.
L’image du football a été utilisée pour illustrer cette vision : les clubs peuvent être adversaires dans les compétitions nationales, mais leurs joueurs se retrouvent au sein d’une même sélection lorsqu’ils représentent la RDC.
De la même manière, les formations politiques peuvent s’opposer dans le cadre démocratique, mais elles doivent être capables de se retrouver autour de l’intérêt supérieur de la nation.
Ainsi, le lancement du 25 août ne devrait pas être considéré comme une simple opération de collecte. Les autorités veulent en faire le point de départ d’une dynamique durable destinée à renforcer la solidarité, le patriotisme, l’amour du prochain et la cohésion nationale à travers les quatre coins de la République démocratique du Congo.

Micha Kisala sala

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