Depuis les années 1980 et surtout les années 1990,le phénomène des enfants de la rue a pris de l’ampleur à Kinshasa, en République Démocratique du Congo.
La présence des enfants de la rue dans la rue est multifactorielle : Le conflit, les déplacements internes, le chômage, la pauvreté, la maladie, la déperdition scolaire, et une myriade d’autres facteurs sont à la base de l’augmentation du nombre d’enfants dans les rues de la RDC. A cela s’ajoute d’autres facteurs dont le délitement du système administratif et judiciaire, l’accusation de sorcellerie, la recomposition des couples aux divorces ou aux décès, et l’impact du SIDA sur les familles.
Les analyses faites par les experts du CEPEF montrent que ces enfants sont victimes d’une grande stigmatisation au sein de leur communauté .Peu d’acteurs s’aventurent à leur venir en aide. L’opinion kinoise, victime des abus de certains enfants évoque des mesures radicales pour se débarrasser de ceux qu’on appelle « SHEGUE » et les accuse de tous les maux (vol, prostitution, toxicomanie…). Cependant il n’hésite pas à les exploiter pour les différentes taches : gardiennage dans les places publiques, cirage des souliers, vente à la criée…
Du fait de leur mobilité et la, multiplication des nouveaux facteurs dont la mauvaise gouvernance et les conflits armés récurrents, la quantification de leur nombre n’est pas aisée. Est –il que les chiffres avancés autrefois montrent que les garçons sont plus nombreux que les filles.
Les filles quittent leur famille le plus souvent pour des raisons économiques et vivent de la prostitution dans la rue pour gagner un peu d’argent et s’acheter de quoi se nourrir, envoyer éventuellement l’argent dans la famille et aussi s’acheter des produits de beauté.
Elles sont très vulnérables face aux IST et au VIH/SIDA puisque certaines n’hésitent pas à faire payer plus cher une relation sexuelle sans préservatif. L’avortement étant illégal en RDC, les filles commencent le processus abortif dans la rue pour se faire soigner en urgence au dernier moment dans les centres d’accueil disposant de services médicaux. Bien qu’elles soient suivies dans les dispensaires, ces filles ne respectent pas les rendez-vous de suivi médical.
Ces filles sont souvent victimes des violences sexuelles. Le CEPEF ne dispose vraiment pas des données fiables pour des raisons évidentes liées entre autre aux tabous, à la stigmatisation, à l’insuffisance des structures de prise en charge et à la faible sensibilisation sur l’existence de ces dernières, à l’insuffisance des équipes mobiles de protection de l’enfant, à l’impunité des agresseurs.
Le viol et la violence sexuelle sont permanents. Des filles d’à peine huit ans ont déjà des relations sexuelles dès leur arrivée dans la rue, souvent comme bleusaille ou rite d’initiation, pour manger ou pour une certaine protection. Malheureusement ce n’est pas non plus une protection absolue. Beaucoup de filles sont violées par les plus âgés et dans certains cas forcées à avoir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires à la fois. Alors les conséquences pour leur santé physique et mentale sont effroyables.
Afin de se rendre compte de l’ampleur de l’ampleur des violences sexuelles dont les filles de la rue sont victimes , le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille , en sigle CEPEF, compte nouer un partenariat avec les services publics appropriés tels que la Police de Protection de l’enfant et prévention contre les violences sexuelles. L’actualisation des données statistiques est nécessaire pour un accompagnement optimal.
Magalie MUKOKO ZANGA


