« 8 milliards de raisons d’agir contre l’obésité ». C’est sous ce thème que la communauté internationale a célébré, le 4 mars 2026, la Journée mondiale de l’obésité, une occasion de sensibiliser sur les dangers de cette maladie chronique qui progresse à l’échelle mondiale.
À cette occasion, le Dr Jean-Michel Kayumba, spécialiste en urgences médicales et expert en maladies métaboliques au Centre Hospitalier Universitaire 50 (CHU50), appelle à l’adoption d’une bonne hygiène de vie, afin de prévenir cette pathologie souvent qualifiée de « tueuse silencieuse ».
UNE MALADIE CHRONIQUE DE PLUS EN PLUS REPANDUE
Aujourd’hui, l’obésité est reconnue comme une maladie chronique. Elle se caractérise par une accumulation excessive de graisse dans l’organisme. Son diagnostic repose notamment sur un indicateur anthropométrique appelé Indice de masse corporelle (IMC).
Lorsque cet indice est supérieur ou égal à 30, on parle alors d’obésité.
DES CAUSES MULTIPLES
Selon le Dr Jean-Michel Kayumba, les causes de l’obésité peuvent être regroupées en deux grandes catégories.
« Nous avons les causes endogènes, liées à la génétique. Certaines personnes possèdent des gènes dits obésogènes qui favorisent la prise de poids. À cela s’ajoutent les causes exogènes, liées à l’environnement, notamment la consommation excessive de boissons sucrées, d’aliments riches en graisses saturées, la malbouffe, le tabagisme, mais aussi le manque de sommeil », explique le spécialiste.
UNE PORTE OUVERTE A PLUSIEURS MALADIES
Si l’obésité ne constitue pas toujours la cause directe du décès, ses conséquences sur la santé sont importantes. Elle favorise en effet l’apparition de nombreuses pathologies.
« Lorsqu’il y a un excès de graisse dans l’organisme, plusieurs maladies peuvent survenir. Nous pouvons citer notamment le diabète de type 2, lié à une intolérance à l’insuline, l’hypertension artérielle due à l’obstruction des vaisseaux par des plaques de graisse, les apnées du sommeil, l’hypercholestérolémie ainsi que les douleurs articulaires », précise le Dr Jean-Michel Kayumba.
Et d’ajouter : « L’obésité tue indirectement, car elle favorise ce que l’on appelle le syndrome métabolique, qui associe par exemple diabète, hypertension artérielle, taux élevé de cholestérol et obésité. Ce sont les complications de ce syndrome qui peuvent conduire à la mort. ».
PREVENIR PAR UN CHANGEMENT DE MODE DE VIE
Pour le Dr Kayumba, la prévention repose essentiellement sur l’adoption de bonnes habitudes de vie.
« Il faut éviter les aliments obésogènes comme les boissons sucrées qui sont très répandues dans la ville, les graisses saturées et la malbouffe. Il est également important d’éviter le tabac, d’avoir un sommeil suffisant au moins huit heures par nuit et de pratiquer régulièrement une activité physique. Ces mesures simples permettent de réduire considérablement le risque d’obésité », insiste-t-il.
L’APPEL DE L’OMS AUX GOUVERNEMENTS
À l’occasion de cette journée, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a renouvelé son appel aux gouvernements, afin de renforcer les politiques de prévention. L’organisation recommande notamment l’instauration de taxes sur les boissons sucrées, la régulation du marketing des aliments riches en graisses, en sucre ou en sel ciblant les enfants, ainsi que la promotion de régimes alimentaires sains, plus accessibles et abordables.
L’OMS encourage par ailleurs également l’adoption d’un étiquetage nutritionnel clair sur la face avant des produits alimentaires, afin de mieux informer les consommateurs sur leur qualité nutritionnelle.
Margarita-Rosa Ngoy


