Depuis la proposition d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo par les pères religieux de la CENCO et de l’ECC, plusieurs initiatives et propositions ont vu le jour au sein d’organisations politiques et de la société civile. Des divergences se font ainsi de plus en plus sentir.
Si la CENCO et l’ECC restent soudées sur l’approche de ces assises, la position n’est pas la même au sein de la confession religieuse de l’Église du Réveil au Congo (ERC). On observe depuis quelque temps une opposition d’idées entre le nouveau et l’ancien dirigeants de cette plateforme de la société civile.
L’ERC, qui a souvent affiché une solidarité sur des questions politiques — notamment sur la désignation d’un président de la centrale électorale — apparaît cette fois divisée. Ce changement est perceptible depuis le départ de l’archevêque Dodo Kamba à la tête de la confession. Son successeur, l’archevêque Ejiba Yamapia, a été très clair lors de son investiture : le dialogue, selon lui, devrait se dérouler au pays, par les institutions légalement établies et entre Congolais.
Mais cette approche est de moins en moins partagée par l’archevêque Dodo Kamba, qui se rapproche du discours des évêques et pasteurs de la CENCO-ECC. Président du Conseil interreligieux congolais (CIC), Dodo Kamba a engagé une nouvelle démarche pour préparer le terrain en vue d’un dialogue national inclusif : la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation.
Dans ce cadre, le président du CIC rencontre des responsables de partis politiques pour expliquer la nécessité et l’intérêt d’une telle commission avant d’organiser le dialogue. A ce jour, l’EciDé (mouvement de Martin Fayulu) et la NOGEC (de Constant Mutamba) ont été approchés, selon l’archevêque Dodo Kamba. D’après lui, ces formations politiques ont accueilli favorablement l’initiative.
Après sa rencontre avec les cadres de la NOGEC, l’archevêque Dodo Kamba a annoncé qu’il dresserait un rapport à mi-parcours de ses rencontres, dans lequel il proposera des orientations et des recommandations visant la décrispation politique.
Cependant, au sein de l’ERC, aucune communication claire n’a été faite concernant l’initiative du CIC d’établir une Commission vérité et réconciliation, ce qui révèle une fracture au sein de la confession : les positions idéologiques divergentes et des initiatives parallèles émergent.
E.N


