Contrôle des finances publiques Pistis Bonongo, l’ex-DG de la SOKIMO, a comparu devant la Cour des comptes

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Lundi dernier, la porte-parole du chef de l’Etat, Tina Salama, a lu des ordonnances présidentielles nommant de nouveaux mandataires au sein de plusieurs entreprises publiques, dont la SOKIMO. Mais, aussitôt débarqué, Pistis Bonongo Tokole, l’ex-directeur général de cette entreprise aurifère, a été convoqué par la Cour des comptes.

 

Il n’a pas fallu plusieurs jours pour que la justice se saisisse de l’affaire. Pistis Bonongo, qui vient d’être remplacé à la suite des ordonnances présidentielles, a comparu devant la Chambre de la discipline budgétaire et financière (CDBF) de la Cour des comptes lors d’une audience tenue mercredi 25 février, dans la salle Léon Kengo Wa Dondo de cette institution supérieure de contrôle des finances publiques.

 

Il est reproché à l’ancien patron de la SOKIMO de ne pas avoir transmis les états financiers de son entreprise pour l’exercice 2022-2023 à la Cour des comptes chaque trimestre, en violation de la loi organique n°18/024 du 13 novembre 2018 ainsi que de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques. Cette omission constitue une faute de gestion passible d’amendes.

 

Au cours de l’instruction, l’ex-DG a déclaré ignorer cette obligation. « Je ne savais pas que la Cour des comptes pouvait auditer jusqu’aux états financiers (…) j’ignorais cette obligation », a-t-il répondu au président de la composition de la CDBF.

 

Cette réponse a suscité l’incompréhension, d’autant que la Cour des comptes a déjà vulgarisé sa loi organique à travers des séances pédagogiques destinées aux mandataires publics, avant de passer à l’étape répressive. Il est d’autant plus étonnant que, jusqu’à présent, plusieurs dirigeants d’entreprises et d’établissements publics semblent ignorer le rôle de cette institution.

 

« En votre qualité de mandataire public, premier responsable d’une entreprise du portefeuille, comment pouvez-vous ignorer l’obligation de transmettre les états financiers à la Cour des comptes ? », a interrogé Gilbert Tonduangu, président de la CDBF.

 

Ce qui devait être une simple audience s’est transformé en séance pédagogique pour rappeler la mission et les champs d’intervention de la Cour. « La Cour des comptes est un organe de contrôle des finances et des biens de l’État. Elle peut contrôler le pouvoir central, les provinces, les entreprises du portefeuille, ainsi que les services publics », a expliqué le président de la composition.

 

Pistis Bonongo a soutenu avoir initié l’élaboration des états financiers à la SOKIMO, un exercice qui, selon lui, n’était pas réalisé avant son arrivée à la tête de l’entreprise. Concernant les états financiers de l’exercice 2022-2023, il a affirmé qu’ils avaient été adoptés par l’assemblée générale. « C’est au niveau de la direction financière qu’on établit les états financiers. À la direction générale, nous arrêtons les comptes et les transmettons au Conseil d’administration, qui convoque ensuite l’assemblée générale pour adopter et approuver les états financiers », a-t-il expliqué.

 

Après cette première audience, le président de la CDBF a renvoyé l’affaire au 4 mars prochain, afin de permettre au mis en cause et à sa défense de préparer leurs plaidoiries.

 

Signalons que cette audience a concerné également les directeurs généraux de l’OVD, de l’ONT, des LMC ainsi qu’un comptable public.

 

E.N.

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