Le message de l’Église catholique en République démocratique du Congo est clair : aucune modification de la Constitution du 18 février 2006 ne saurait être tolérée, surtout lorsqu’elle vise à instaurer une présidence à vie pour Félix Tshisekedi.
À l’issue des consultations menées avec la majorité et l’opposition, les évêques, par la voix de leur porte-parole Donatien Nshole, ont dénoncé une « rupture du pacte républicain » et mis en garde contre les conséquences d’une telle démarche. Selon l’épiscopat, toucher aux matières verrouillées par l’article 220, considéré comme un rempart contre la dictature et la privatisation de l’État, exposerait le pays à des « risques énormes », dont la balkanisation et une nouvelle guerre civile.
Les évêques affirment qu’après un « profond discernement », leur position est irréversible : la priorité doit rester la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale.
Dans cette perspective, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) propose de renforcer le bien-vivre ensemble comme alternative à la confrontation politique. Elle appelle les acteurs politiques et sociaux à : privilégier le dialogue inclusif et sincère ; promouvoir la justice sociale et la solidarité ; respecter les institutions et les règles démocratiques ; encourager la tolérance et la réconciliation entre communautés.
Pour l’Église, seule une société fondée sur la paix, la cohésion et le respect mutuel peut garantir la stabilité et éviter de replonger le pays dans des cycles de violence. Les évêques insistent sur la responsabilité des dirigeants à préserver l’ordre constitutionnel et à travailler pour le bien commun.
J-P Djoko
La rédaction


