Le monde de la musique congolaise est en deuil. Carlyto Lassa, ancien sociétaire de l’OK Jazz et figure marquante de la rumba congolaise devenue chantre chrétien et pasteur, est décédé ce lundi 31 août 2026 aux États-Unis. Il avait 65 ans.
Une page se tourne dans l’histoire de la musique congolaise. Carlyto Lassa, de son vrai nom Charles Ndombasi Lassa, a tiré sa révérence ce lundi 31 août aux États-Unis, laissant derrière lui plusieurs décennies d’une carrière musicale marquée par la rumba, les grands orchestres et, plus tard, le gospel.
Né le 15 janvier 1961, Carlyto Lassa s’est imposé au fil des années comme l’une des voix reconnaissables de la musique congolaise. Son parcours l’a conduit notamment au sein du mythique TP OK Jazz, avant son passage chez Choc Stars, deux formations qui ont profondément marqué l’âge d’or de la rumba congolaise.
La révélation avec « Maya »
Carlyto Lassa se fait véritablement connaître du grand public grâce à « Maya », une œuvre associée au célèbre compositeur Lutumba Simaro. Cette chanson devient l’un des titres qui contribuent à installer sa voix dans la mémoire des mélomanes congolais.
Son parcours est alors lié à plusieurs grandes figures de la musique congolaise. Il évolue dans l’environnement de l’OK Jazz et collabore avec des artistes majeurs de cette génération, avant de rejoindre Choc Stars, où son talent de chanteur et d’interprète continue de s’affirmer.
Parmi les œuvres qui restent associées à cette période figurent notamment « Maya », « Cœur artificiel », « Bon Samaritain », ainsi que plusieurs titres interprétés ou enregistrés au cours de ses différentes collaborations.
« Africa Na Moto », avant le grand tournant
En 1996, Carlyto Lassa publie l’album « Africa Na Moto ». Cette œuvre constitue l’une des étapes importantes de sa carrière solo. L’un de ses titres les plus connus de cette période est « Makolo ya Masiya », une chanson qui, déjà, laisse apparaître une dimension spirituelle qui prendra progressivement une place centrale dans sa vie.
La discographie disponible de l’artiste fait également apparaître « La Reconnaissance », sorti en 2001, ainsi que « Confiance – Kili Kili Azongi », publié en 2004.
De la rumba au ministère pastoral
Le tournant majeur de la vie de Carlyto Lassa intervient au début des années 2000. Après avoir connu les grandes scènes de la musique congolaise, l’artiste choisit de consacrer sa voix à Dieu.
Il abandonne progressivement la musique profane pour se consacrer au gospel et au ministère pastoral. Cette nouvelle orientation fait de lui un chanteur chrétien et évangéliste particulièrement connu dans les milieux religieux congolais.
Son album « La Reconnaissance » symbolise cette nouvelle étape. Des chansons comme « Yesu yo mobikisi », « Azali Nzambe », « Sala ndenge na yo » et « Muana na Mpate » témoignent de cette transformation artistique et spirituelle.
En juin 2026, quelques semaines avant sa disparition, Carlyto Lassa avait encore témoigné de cette trajectoire sur Radio Okapi, qui le présentait comme une ancienne icône de la musique populaire congolaise devenue pasteur et chantre. Il expliquait alors avoir choisi de mettre sa voix au service de la gloire de Dieu.
Une voix qui aura traversé les générations
La disparition de Carlyto Lassa intervient après plus de quatre décennies d’une carrière atypique. De la rumba aux chants chrétiens, l’artiste aura connu deux vies musicales, sans jamais perdre cette voix qui avait contribué à son succès.
« Maya », « Makolo ya Masiya », « La Reconnaissance », « Yesu yo mobikisi » ou encore « Muana na Mpate » constituent quelques-unes des œuvres qui permettront aux mélomanes de garder le souvenir de son passage.
Son parcours restera surtout celui d’un artiste qui a réussi à passer de la scène profane au ministère chrétien, transformant progressivement son répertoire en instrument d’évangélisation.
À 65 ans, Carlyto Lassa s’en va, mais sa voix demeure dans les archives de la rumba congolaise et dans les cantiques de plusieurs générations de fidèles.
La musique congolaise perd une voix. Le gospel perd un chantre. Et les mélomanes, eux, perdent un artiste dont le parcours aura été aussi singulier que marquant.
Micha Kisala sala
La rédaction


