Le Sénat de la République démocratique du Congo a été le théâtre d’un nouvel épisode politique ce lundi 16 mars, à l’ouverture de la session parlementaire de mars. Le sénateur UDPS, Danny Kabongo Binene, a déposé une pétition visant la destitution du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo.
Selon Kabongo, le document a déjà recueilli 83 signatures de sénateurs, un nombre jugé largement suffisant pour enclencher la procédure de mise en cause. L’initiateur reproche à Bahati Lukwebo une « incompétence » dans l’exercice de ses fonctions au sein du bureau de la chambre haute. Il affirme vouloir mener cette initiative « jusqu’au bout », malgré les excuses récemment formulées par le concerné à ses collègues.
Cette démarche intervient dans un contexte de crispations politiques. Les propos de Bahati Lukwebo sur la modification de la Constitution avaient provoqué une onde de choc au sein de l’Union sacrée de la Nation, la coalition présidentielle. Bien qu’il ait réaffirmé son soutien au chef de l’État, Félix Tshisekedi, ses déclarations ont été perçues comme contradictoires et ont alimenté les tensions internes.
Président du parti AFDC-A et figure influente de la majorité, Modeste Bahati Lukwebo se retrouve ainsi fragilisé. Sa position au sein du bureau du Sénat, censée incarner la stabilité institutionnelle, est désormais contestée. La pétition pourrait ouvrir la voie à un débat houleux sur la gouvernance du Sénat et sur la cohésion de l’Union sacrée, à un moment où le pays s’apprête à aborder des réformes sensibles.
Au-delà de la procédure elle-même, cette initiative illustre les fractures persistantes au sein de la majorité parlementaire et met en lumière les rivalités entre différentes composantes de l’Union sacrée. Elle pourrait également avoir des répercussions sur l’équilibre des forces politiques, à l’approche de nouvelles échéances électorales.
Jean-Petit Djoko


