Reportage de Pauline Kabangu/CP
À Kinshasa, la question de la mobilité urbaine reste un défi majeur. Dans plusieurs communes, les habitants continuent de vivre au rythme des routes délabrées, malgré les multiples annonces de réhabilitation des infrastructures. L’axe reliant Binza IPN à Selembao et Bumbu par l’Avenue de la Libération, ex-24 Novembre, illustre parfaitement cette réalité.
Cette voie, autrefois considérée comme un important corridor de circulation, est aujourd’hui devenue un véritable cauchemar pour les usagers. Les années passent, mais les conditions de circulation ne changent pas. Les nids-de-poule se multiplient, les eaux stagnantes s’installent et les immondices occupent certains points sensibles, notamment à l’entrée de l’Avenue Manifeste.
Le croisement des avenues Manifeste et Landu est devenu l’un des symboles de cette dégradation. Chaque jour, automobilistes, motocyclistes et piétons doivent composer avec une chaussée fortement endommagée, au prix de longues attentes et de nombreux désagréments.
Pourtant, cet axe présente un avantage stratégique : il permettrait de relier rapidement Selembao et Bumbu au centre-ville, notamment vers la Gombe, en passant par le rond-point Bandal. Mais faute d’un entretien régulier, les habitants sont contraints d’emprunter des itinéraires de contournement à travers Ngiri-Ngiri, Saïo et d’autres voies secondaires.
Ces détours ont un coût. Plus de carburant consommé, plus de temps perdu et davantage de stress pour des milliers de Kinois qui se rendent chaque jour au travail, à l’école ou dans leurs activités commerciales.
Le plus préoccupant reste la banalisation de cette souffrance. Les scènes de véhicules embourbés dans les petites rues, nécessitant l’intervention des jeunes du quartier pour les dégager, sont devenues presque normales. Une situation qui témoigne de l’urgence d’une réponse durable.
Alors que Kinshasa poursuit son ambition de modernisation, certaines zones continuent de porter les stigmates d’un développement à deux vitesses. Les habitants de Selembao et Bumbu ne demandent pas un privilège, mais simplement des routes praticables leur permettant de circuler dignement dans leur propre ville.
La réhabilitation de l’Avenue de la Libération et des axes connexes devrait ainsi figurer parmi les priorités des autorités urbaines. Car une ville qui avance est d’abord une ville où ses citoyens peuvent se déplacer facilement.


