RDC : un auditeur financier traqué pour ses révélations

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Les révélations d’un auditeur financier sur des détournements de fonds publics et son rôle actif dans l’opposition congolaise ont déclenché une série de menaces, d’enlèvements et de violences. Son parcours illustre les risques encourus par ceux qui s’attaquent à la corruption et défendent la liberté d’expression en République Démocratique du Congo (RDC).
UN MILITANT DE L’OPPOSITION DANS LE VISEUR
Depuis 2021, Constant Mutamba Tungunga, président du Parti travailliste (PT), a mobilisé la jeunesse congolaise à travers la plateforme NOGEC. Parmi ses responsables figurait Germain Mbuyi Mutambayi, chargé de la mobilisation des jeunes.
Le 2 août 2025, une marche organisée à Kinshasa pour dénoncer la condamnation de Mutamba par la Cour de cassation a été brutalement réprimée. Les forces de l’ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles pour disperser les manifestants. Plusieurs arrestations musclées ont suivi, et les meneurs de la marche ont été placés sous surveillance policière.
DES ENQUETES FINANCIERES DERANGEANTES
Sur le plan professionnel, l’auditeur s’est distingué par sa rigueur et son refus de céder aux pratiques de corruption. En novembre 2024, il met au jour des irrégularités dans les comptes de l’ONATRA (Office National de Transport), notamment la disparition de soldes bancaires en Belgique. Le directeur général, Martin Lukusa Cimbumbu, protégé par ses appuis politiques, échappe à toute poursuite.
Quelques mois plus tard, le 10 août 2025, l’auditeur est enlevé par quatre individus et détenu dans une pièce obscure. Ses ravisseurs lui reprochent à la fois ses enquêtes financières et son engagement politique. Il est libéré après trois jours de détention, mais les menaces se multiplient.
UNE TRAQUE ORGANISEE
À la suite de cet enlèvement, l’auditeur vit dans la clandestinité. Son domicile est régulièrement visité par des hommes armés, ses collègues interrogés, et sa famille menacée. Les autorités, loin de le protéger, apparaissent complices de cette traque.
Le climat d’insécurité permanente, marqué par des violences physiques et psychologiques, l’oblige à quitter discrètement le pays.
J-P Ebonga

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