La République démocratique du Congo (RDC) a transmis à Washington une liste restreinte de projets miniers et industriels éligibles dans le cadre du partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 avec les États-Unis. Cette démarche marque une étape décisive dans la mise en œuvre de l’accord conclu entre le président Félix Tshisekedi et son homologue américain Donald Trump, qui prévoit d’importants investissements estimés à plus de 200 milliards USD.
Selon une dépêche de l’agence Reuters, la liste comprend notamment : Les permis miniers de manganèse, d’or et de cassitérite de Kisenge ; Le projet de cuivre-cobalt Mutoshi ; L’entreprise de traitement du germanium de la Gécamines ; Les quatre permis aurifères de Sokimo ; Les permis de lithium de Cominière ; Des actifs de coltan, d’or et de wolframite de Sakima.
Ces actifs, détenus par des entreprises publiques congolaises, sont proposés aux investisseurs américains à condition qu’ils ne soient pas déjà engagés dans des cessions ou coentreprises existantes. Deux hauts responsables, cités par Reuters sous couvert d’anonymat, ont assuré que la démarche respecte les lois congolaises.
Ce partenariat stratégique s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par la rivalité sino-américaine autour des minerais critiques. Depuis plus de vingt ans, les entreprises chinoises dominent l’exploitation du cobalt, du cuivre et du manganèse en RDC, tout en contrôlant une grande partie du raffinage mondial des terres rares et autres minerais stratégiques. Washington, sous l’impulsion de Donald Trump, cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement pour l’industrie américaine.
Pour Kinshasa, l’accord représente une opportunité majeure : diversifier ses partenariats, attirer de nouveaux capitaux, réduire le chômage de masse et favoriser la transformation locale des minerais. Le gouvernement congolais espère également que ce partenariat contribuera à pacifier la région de l’Est, théâtre de conflits armés depuis plus de trois décennies, condition indispensable à l’implantation des firmes américaines.
En soumettant cette liste, la RDC adresse à Washington l’offre la plus directe jamais formulée, ouvrant la voie à des négociations concrètes avec les investisseurs américains. Reste à savoir si cette initiative permettra de rééquilibrer les rapports de force dans le secteur minier et d’apporter enfin des bénéfices tangibles à l’économie congolaise et à sa population.
J-P Djoko
La rédaction


