Mukoko Samba au Sénat : « L’appréciation du franc congolais est réelle et ses effets mesurables »

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Le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a répondu, mardi 4 novembre 2025, à une question d’actualité du sénateur Janvier Mwisha au Sénat. L’enjeu : éclairer les élus sur les causes et les effets de l’appréciation du franc congolais (CDF) face au dollar américain.

Restituant cette évolution dans son contexte économique international, le ministre a rappelé que le dollar connaît une dépréciation globale, après une longue période d’appréciation en 2022-2023. À titre d’exemple, il a cité le Kenya où la Banque centrale a maintenu un taux fixe de 129 KES pour 1 USD afin de contenir l’inflation, en dépit des recommandations du FMI.

« Le dollar, qui sert de référence à nos importations, se déprécie aujourd’hui, et la RDC s’inscrit naturellement dans ce mouvement global », a-t-il expliqué.

Concernant l’impact sur le coût de la vie, Mukoko Samba a présenté des chiffres concrets :

– Le carton de tomates est passé de 44 600 FC à 39 600 FC,

– Le sac de riz BB, de 72 000 FC à 52 000 FC,

– Le riz Wario, de 65 000 FC à 47 695 FC, le tout observé dans les marchés de Mbudi et Lutendele à Kinshasa.  Il a toutefois reconnu que la baisse des prix varie selon les produits, en fonction des circuits d’approvisionnement.

S’agissant des dynamiques commerciales, le ministre a noté une période de latence après la première chute du dollar le 15 septembre, durant laquelle les opérateurs attendaient de voir si la tendance se confirmait. Aujourd’hui, « le grand choc est passé et nous nous acheminons vers une stabilité relative que le gouvernement entend préserver », a souligné  Daniel Mukoko Samba.

La victoire monétaire doit se traduire par une victoire sociale  

Le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a poursuivi ses explications sur les effets de l’appréciation du franc congolais (CDF), tout en soulignant l’importance des efforts structurels menés bien avant cette dynamique monétaire.

« La bataille pour la stabilisation des prix n’a pas attendu l’appréciation du franc », a-t-il rappelé. Il a cité en exemple la stabilité du prix du maïs, maintenu entre 2 700 et 3 000 FC le mégot depuis plus d’un an à Kananga et Mbuji-Mayi, grâce aux actions conjointes du gouvernement : soutien à la production locale et facilitation des importations.

Mukoko Samba a salué la coordination entre le Gouvernement et la Banque Centrale du Congo (BCC), pilier de la stabilisation actuelle. « Chaque semaine, la BCC partage une note de conjoncture avec le Gouvernement. La première recommandation est toujours de maintenir une synergie entre politiques monétaire et budgétaire pour préserver la stabilité macroéconomique », a-t-il précisé.

Le ministre a également insisté sur le renforcement des contrôles économiques. En 2025, les amendes et pénalités infligées aux entreprises pour pratiques illicites pourraient atteindre un niveau record. « La victoire monétaire doit se traduire par une victoire sociale », a-t-il martelé devant les sénateurs.

Mukoko Samba a ensuite annoncé un Programme de résilience économique, centré sur le soutien à la production agricole et à la transformation locale. Il prévoit des interventions dans des zones stratégiques : riz dans la Mongala, maïs dans le Sud-Ubangi, et la réhabilitation de 12 stations de l’INERA pour améliorer l’accès aux semences.

En conclusion, il a déclaré avec assurance : « La mémoire du taux de 2 850 FC pour 1 USD va s’effacer, pour laisser place à une nouvelle phase de stabilité monétaire et économique en RDC. »

Micha Kisalasala

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