La République démocratique du Congo entend renforcer sa coopération judiciaire avec plusieurs partenaires.
En marge du Sommet international sur la Justice, organisé les 8 et 9 octobre 2026 à Istanbul, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a rencontré, le 9 octobre, ses homologues de Türkiye, d’Ouganda, du Botswana et de Macédoine du Nord.
Les discussions ont porté sur l’entraide judiciaire, l’extradition, la lutte contre la criminalité transfrontalière et financière, ainsi que sur la modernisation des infrastructures et le renforcement des capacités des institutions judiciaires, a indiqué un communiqué de presse du ministère de la Justice.
RDC-Ouganda : deux accords en discussion
Avec Norbert Mao, ministre ougandais de la Justice et des Affaires constitutionnelles, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a évoqué la finalisation des accords d’entraide judiciaire et d’extradition entre les deux pays.
L’objectif est de parvenir à leur conclusion d’ici décembre 2026.
Ces instruments doivent faciliter la coopération entre les autorités de Kinshasa et de Kampala dans le traitement des affaires transfrontalières.
Les échanges ont également porté sur les réparations destinées aux victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, dans le cadre du Fonds spécial de répartition de l’indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Le ministre congolais a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à garantir la transparence, la traçabilité et le suivi de l’utilisation des fonds.
Son homologue ougandais a indiqué que son pays avait pris les mesures requises au titre de ses engagements internationaux pour mettre en œuvre l’arrêt de la Cour internationale de Justice.
Il a salué les dispositions prises par la RDC afin de renforcer la transparence et la traçabilité.
LA TÜRKIYE, UN PARTENAIRE POTENTIEL
La modernisation du système judiciaire congolais était au cœur de l’entretien avec Akın Gürlek, ministre turc de la Justice. Les deux responsables ont notamment abordé les infrastructures judiciaires et pénitentiaires, la justice numérique, la médecine légale ainsi que la formation des magistrats et du personnel judiciaire.
La partie turque s’est dite disposée à examiner les possibilités d’un appui technique, notamment par le partage d’expertise, les échanges d’expériences et la mise en place de programmes de formation. Pour la RDC, ces domaines sont essentiels à la modernisation de l’administration judiciaire et à l’amélioration de l’accès à la justice.
LUTTER CONTRE LA CRIMINALITE FINANCIERE
Lors de son entretien avec Nelson Ramaotwana, ministre botswanais de la Justice et des Services correctionnels, le ministre congolais a abordé la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux, ainsi que le recouvrement des avoirs issus d’activités criminelles.
Il a présenté plusieurs réformes envisagées en RDC, dont la création d’un Tribunal pénal économique et financier et le projet de loi anticorruption. Les deux parties ont également examiné les possibilités de coopération au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment face aux formes de criminalité qui dépassent les frontières nationales.
DES ECHANGES
La rencontre avec Jeton Shasivari, ministre de la Justice de Macédoine du Nord, a permis d’évoquer les défis communs auxquels sont confrontés les systèmes judiciaires et les moyens de consolider les relations institutionnelles entre les deux pays. Les discussions ont notamment porté sur les domaines propices à une coopération judiciaire et au partage d’expériences.
Présent à l’ensemble des entretiens, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a insisté sur l’importance d’intensifier la coopération entre les autorités judiciaires, en s’appuyant notamment sur les mécanismes régionaux et les instruments existants.
Le secrétaire général à la Justice, Booto Bo Lolimba King, a également pris part aux échanges. Ceux-ci ont permis de faire progresser plusieurs dossiers prioritaires : la conclusion des accords d’entraide judiciaire et d’extradition avec l’Ouganda, l’examen d’un appui technique turc dans le domaine des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, ainsi que le renforcement des partenariats contre la criminalité économique et transnationale.
Le sommet d’Istanbul a enfin offert à la RDC une tribune pour présenter les réformes engagées dans son système judiciaire et explorer avec ses partenaires des pistes concrètes de coopération.
TS


