Dans le cadre des activités marquant la clôture du mois de mars dédié aux droits de la femme, la Fondation Miradel et l’ONG Believe in Woman’s Development (BWOD), toutes les deux membres de la Coalition des organisations de la société civile pour le developpement en Afrique (COSCDA), ont organisé ce samedi 18 avril 2026, dans la salle de conférence de l’école Mbuku, à Kinshasa, un atelier de sensibilisation sur la Couverture santé universelle (CSU) et les violences basées sur le genre (VBG).
Devant un public mixte composé de femmes et d’hommes, Mme Miradel Mujungula, présidente de la fondation éponyme, a rappelé que sa structure a pour mission de lutter contre la pauvreté, tant financière que mentale.
Revenant sur le thème du jour, elle a encouragé les participants à abandonner les activités favorisant le déboisement, notamment le commerce de braises, au profit d’alternatives écologiques. Elle a, en outre, souligné que la pauvreté limite l’accès aux soins de santé, tandis que la richesse, sans une bonne santé, ne permet pas non plus de prospérer.
La Couverture santé universelle
Abordant le cœur du sujet, le Dr Beni a défini la Couverture santé universelle comme une garantie permettant à toute personne d’accéder à des soins de qualité, sans discrimination de genre ni de localisation géographique.
« La CSU devient un instrument d’équité. Elle implique les droits des femmes, dans la mesure où chacune doit pouvoir accéder aux soins de santé, en milieu urbain comme rural », a déclaré le professionnel de santé.
Il a rappelé à l’auditoire que cette politique sanitaire a été mise en place pour lutter contre les décès maternels liés au manque de moyens financiers.
« Les autorités ont constaté de nombreux cas de décès maternels. Or, il n’est pas acceptable qu’une femme meure en donnant la vie, faute de moyens pour bénéficier d’un suivi médical avant, pendant et après la grossesse », a-t-il expliqué.
Dans la même optique, le Dr Beni a insisté sur la nécessité, pour les femmes, de s’informer auprès des professionnels de santé sur les actes médicaux pratiqués. Il a rappelé que la déontologie médicale exige que tout médecin explique à son patient le bien-fondé des soins avant toute intervention.
VBG et Protocole de Maputo
S’agissant du second thème, Mme Agathe Ngomba, PCA de l’ONG BWOD, a défini la violence comme tout acte nuisible exercé sur une personne sans son consentement. Elle a précisé que les hommes comme les femmes peuvent en être victimes, même si, dans la pratique, les femmes restent les plus exposées aux violences basées sur le genre.
Elle a également rappelé que la journée du 8 mars ne se limite pas au port de pagnes, mais constitue avant tout un moment de réflexion sur les droits des femmes.
« Dans une société, femmes et hommes disposent des mêmes droits », a-t-elle martelé.
Faisant le lien avec la CSU, elle a dénoncé les violences dont certaines femmes sont victimes dans les structures de santé, évoquant notamment l’affaire ayant opposé le Dr David à l’accouchée Dorcas.
Plaidant pour un changement de comportement, elle a insisté sur le respect dû aux patientes par le personnel soignant, indépendamment de leur statut social. « Qu’elle soit mariée ou non, la femme mérite le respect. Vous avez le droit de poser toutes les questions aux médecins », a-t-elle conseillé.
Dans le même registre, elle a présenté le Protocole de Maputo comme un instrument juridique garantissant l’autonomie de la femme, ainsi que le respect de sa dignité et de ses droits sur son propre corps.
Exhortation
Un autre moment fort de cette activité a été marqué par l’intervention du frère Majordi, qui a appelé les participants à travailler non seulement sur leur mentalité, mais également sur les valeurs morales et spirituelles.
L’atelier s’est clôturé par un cocktail de jus naturels produits par des femmes ayant bénéficié des formations de la Fondation Miradel. Celle-ci intervient dans quatre domaines clés de l’autonomisation : l’agriculture, l’éducation, la santé et l’environnement.
E.N


