Face à la recrudescence de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la volonté politique ne suffit pas. Pour contenir l’épidémie, des ressources financières importantes sont indispensables. C’est le message lancé par le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, invité du Journal Afrique de TV5 Monde.
Le responsable de l’institution panafricaine a indiqué que les besoins de financement ont été revus à la hausse. « Lorsque nous avions lancé cet appel, nous avions demandé 518 millions de dollars, sans inclure le volet humanitaire. Aujourd’hui, plus d’un million de personnes vivent dans des camps de déplacés, d’où provient une grande partie des cas. Nos besoins sont désormais réévalués à 1,4 milliard de dollars. À ce jour, 600 millions ont déjà été mobilisés, mais nous continuons à solliciter l’appui des partenaires », a-t-il déclaré.
Évoquant les essais cliniques en cours en RDC, il s’est montré optimiste tout en regrettant leur lancement tardif. Selon lui, l’absence, pendant près de deux décennies, de vaccins et de traitements contre Ebola s’explique notamment par le faible intérêt de la communauté internationale pour une maladie longtemps considérée comme exclusivement africaine.
« Si cette maladie avait touché les pays occidentaux, nous aurions déjà eu un vaccin », a-t-il estimé, ajoutant que la création de l’Africa CDC a changé la dynamique de la riposte sur le continent.
Concernant le financement de ces essais, évalué à 28 millions de dollars, il a indiqué que dix millions étaient déjà sécurisés. « L’Africa CDC apporte trois millions de dollars, la RDC trois millions également, et nous comptons sur l’Union européenne pour obtenir les 12 millions restants. À défaut, nous devrons prendre nos responsabilités », a-t-il affirmé.
En attendant, le responsable de l’Africa CDC insiste sur la nécessité de renforcer le dépistage, la prévention et la sensibilisation des communautés, qui demeurent les principaux axes de la riposte.
Par ailleurs, deux cas confirmés en provenance de l’Ituri ont été signalés dans les provinces de la Tshopo et du Haut-Uele. Toutefois, les experts congolais engagés dans la riposte, ainsi que ceux de l’Africa CDC, précisent que ces provinces ne sont pas considérées comme de nouveaux foyers de l’épidémie. Selon eux, tant qu’aucune transmission communautaire locale n’est enregistrée en dehors des cas contacts identifiés en Ituri, l’épidémie reste circonscrite à son foyer initial.
Enfin, le Dr Jean Kaseya a réaffirmé le rôle central de l’Africa CDC dans la coordination de la riposte médicale, aux côtés des autorités congolaises, de l’OMS et des organisations humanitaires.
Margarita-Rosa Ngoy
La rédaction


