L’épidémie de la maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Cinquante-quatre jours après la déclaration officielle de l’épidémie, les provinces de la Tshopo et du Haut-Uele rejoignent désormais la liste des entités touchées, tandis que le Sud-Kivu s’apprête à en être retiré.
L’annonce a été faite ce jeudi 9 juillet 2026 à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, à l’issue d’une réunion avec les acteurs multisectoriels engagés dans la riposte.
« Nous avons observé des malades en provenance de l’Ituri entrer à Kisangani par Niania, ce qui explique que la Tshopo soit touchée par le virus. Des mouvements ont également été enregistrés vers Wamba, ce qui fait que le Haut-Uele est aussi concerné. L’Ituri demeure dans une phase aiguë de l’épidémie, tout comme le Nord-Kivu. En revanche, avec 42 jours sans nouveau cas, le Sud-Kivu sera bientôt retiré de la liste des provinces concernées par la riposte », a déclaré le ministre.
Et d’ajouter : « Nous sommes en phase active de la maladie et nous nous rendons compte que le nombre de cas continue d’augmenter. Cette augmentation nous renseigne également sur la réalité de la transmission au sein des communautés », a-t-il renchéri.
Selon le Dr Roger Kamba, l’évolution de l’épidémie impose une adaptation permanente des stratégies de lutte. Il estime qu’il est indispensable de mieux comprendre la dynamique de transmission sur le terrain afin de réajuster les interventions et de contenir la propagation du virus.
Le ministre a également évoqué la situation du personnel de santé mobilisé dans la riposte. Il a annoncé que le secrétaire général à la Santé, responsable du pilier des ressources humaines, a été chargé de s’assurer que les prestataires effectivement déployés sur le terrain soient bien ceux qui perçoivent leur rémunération.
« Une carte numérique sera attribuée à chaque agent de santé impliqué dans la riposte. Cette mesure vise à garantir un paiement direct aux bénéficiaires, sans intermédiaires, afin de réduire les retards et les contestations enregistrés ces dernières semaines. »
Sur le plan de la recherche, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) poursuit les travaux sur un candidat-vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Selon le professeur Ahuka, directeur général adjoint de l’INRB, des avancées sont attendues dans les prochains jours.
Il sied de noter que le dernier rapport de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 8 juillet 2026, fait état de 1 759 cas confirmés depuis le début de l’épidémie. Le bilan s’élève désormais à 600 décès, soit un taux de létalité de 34,1 %. Au total, 285 patients ont été déclarés guéris, tandis que 750 autres restent hospitalisés ou placés en isolement.
Margarita-Rosa Ngoy
La rédaction


