En sa qualité de la première institution de contrôle des finances publiques en République, la Cour des Comptes a dévoilé les résultats de son audit mené sur la gestion du Fonds forestier national (FFN), pour la période allant de 2021 à 2024.
Cette mission d’audit, initiée par le Premier président de la Cour des Comptes, Jimmy Munganga, visait à s’assurer de la conformité des opérations menées au sein du FFN par rapport aux lois et règlements qui le régissent.
En appliquant les procédures des normes ISSAI, au cours de cet audit, tel que recommandé par les normes des institutions supérieures de contrôle des finances publiques, la Cour des Comptes révèle des irrégularités sérieuses dans la gestion du Fonds Forestier National.
Il s’agit entre autres de :
-rabattement injustifié des superficies déboisées, ainsi que des recettes y afférentes sans contre vérification ;
-paiement des opérations fictives;
-financement des structures et des projets de reboisement inéligibles;
-financement des projets sans études préalables de services techniques;
-défenses effectuées sans pièces justificatives;
-passations des marchés publics en violation des dispositions légales et réglementaires;
-exécution des budgets non adoptés par le Conseil d’administration;
-Absence de suivi, contrôle et évaluation des projets financés;
-recouvrement non optimal des recettes sur la taxe de déboisement au regard du potentiel des recettes prévues;
-faible taux de financement des opérations de reboisement au regard des recettes réalisées sur la taxe de déboisement;
Ce travail d’audit réalisé efficacement par la Cour des Comptes laisse transparaître une anarchie qui caractérise certains établissements publics. D’où, une interpellation aux deux chambres de Parlement de doter cette Cour davantage du pouvoir de contrôle, afin de mieux accomplir sa mission.
Enock Nseka


