Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a échangé, mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa, avec les députés nationaux et sénateurs de la Grande Orientale afin de discuter de l’accompagnement des élus dans la mise en œuvre des réparations collectives destinées aux communautés victimes des conflits en Ituri, dans la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
Réunis à l’Hôtel du Gouvernement au sein du Caucus de la Grande Orientale, les élus ont pris part à une concertation avec le ministre sur les modalités pratiques de ce processus, lancé par le gouvernement via le Fonds spécial de répartition de l’indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), rapporte un communiqué de presse du ministère de la Justice.
Dans son intervention, Guillaume Ngefa a souligné l’objectif de transformer la décision judiciaire en bénéfices concrets pour les populations affectées. Il a rappelé qu’une première enveloppe de 120 millions de dollars américains est prévue pour les réparations collectives, répartie à raison de 30 millions de dollars par province. Ces ressources doivent notamment permettre la réalisation d’infrastructures sanitaires et scolaires, l’accès à l’eau potable, le relèvement économique, ainsi que des initiatives liées à la mémoire, à la cohésion sociale et à la résilience communautaire.
Le ministre a insisté sur le caractère prioritaire des besoins exprimés par les communautés et sur la nécessité de mettre en œuvre des projets durables. Il a également précisé que la gestion et l’affectation des fonds relèveront du FRIVAO, conformément aux procédures en vigueur. « En tant qu’autorité de tutelle, notre rôle sera de veiller à la transparence et à la traçabilité de ce processus », a-t-il déclaré.
Dans cette dynamique, le garde des Sceaux a invité les élus à contribuer à la sensibilisation des communautés, à la définition et au suivi des priorités retenues dans les cahiers des charges, ainsi qu’au contrôle de la mise en œuvre des projets.
De leur côté, les représentants des provinces ont présenté leurs préoccupations et priorités, notamment la garantie d’un processus transparent et équitable, tant pour l’identification des bénéficiaires que pour l’exécution des réparations.
Le ministre d’État a, en outre, précisé que les réparations collectives n’excluent pas les indemnisations individuelles, les deux mécanismes devant progresser de manière concomitante. Dans la Tshopo, la poursuite des indemnisations individuelles des victimes de la guerre de Six Jours à Kisangani demeure ainsi liée à la finalisation du nettoyage du fichier des victimes.
Le processus de réparation s’inscrit dans le cadre de l’arrêt rendu le 9 février 2022 par la Cour internationale de Justice (CIJ), ayant accordé à la RDC 325 millions de dollars américains pour les dommages aux personnes, aux biens et aux ressources naturelles résultant des violations des obligations internationales de l’Ouganda constatées par la Cour.
Guillaume Ngefa a indiqué que la dernière tranche due par l’Ouganda a été réceptionnée par la RDC le 3 septembre 2026. Il a également fait état du renforcement des mécanismes de gouvernance, de contrôle et de traçabilité du FRIVAO, ainsi que de l’audit du fichier des victimes.
À l’issue des échanges, André Lite, qui conduisait la délégation du Caucus, a salué la démarche du ministre d’État, parlant d’un dialogue constructif et d’une stratégie de redevabilité et de transparence. Il a estimé que les élus, en tant que représentants légitimes des populations, devaient « lui donner acte » de cet engagement.
La réunion a également connu la participation du président du Conseil d’administration intérimaire du FRIVAO, qui a apporté des précisions et s’est engagé à renforcer l’échange d’informations avec les élus.
La séance a débuté par un moment de recueillement, à la demande du ministre, en mémoire des victimes des conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo.
TS
La rédaction


