L’ordonnance présidentielle signée par Félix-Antoine Tshisekedi ne crée pas directement la commission préparatoire du Dialogue national. Elle institue d’abord un Comité d’organisation chargé de réunir les conditions nécessaires à sa mise en place. Ce choix traduit une volonté de procéder par étapes, en confiant à cette structure une mission à la fois politique, technique et logistique.
Placé sous l’autorité directe du chef de l’État, le comité aura notamment pour mission de préparer les termes de référence, d’élaborer une feuille de route, d’organiser des consultations préalables et d’identifier les besoins liés à la tenue du dialogue. Son secrétariat technique, composé de onze experts, sera chargé de centraliser les différentes contributions.
La composition, premier test politique
L’ordonnance ne précise pas encore les noms des membres du comité. Elle prévoit un coordonnateur, un coordonnateur adjoint ainsi que des personnalités désignées par le président de la République, avec la possibilité de faire appel à d’autres compétences.
Ce flou alimente déjà les interrogations sur la représentativité de la future structure. Une composition équilibrée, intégrant différentes sensibilités, pourrait contribuer à renforcer la confiance autour du processus. À l’inverse, un comité perçu comme dominé par des proches du pouvoir risquerait de fragiliser sa crédibilité dès le départ.
Inclusivité : la bataille à venir
Au-delà de la composition du comité, la question de l’inclusivité demeure au cœur des enjeux. L’ordonnance ne définit pas encore les participants au dialogue, les thèmes à inscrire à l’ordre du jour ni les modalités de représentation des différentes composantes de la société.
La société civile, les confessions religieuses et les forces politiques restent ainsi dans l’attente de clarifications. Pour l’opposition, la crédibilité du processus dépendra essentiellement de sa capacité à réunir les principales sensibilités nationales autour d’une même table.
Entre avancée institutionnelle et défi politique
La mise en place du Comité d’organisation constitue une étape concrète dans la matérialisation du Dialogue national. Mais le véritable test commencera avec la désignation de ses membres et, surtout, avec la définition des règles de participation.
Dans un pays où les précédents processus de dialogue ont souvent été critiqués pour leur manque de représentativité, le pouvoir devra convaincre au-delà de ses propres soutiens. La composition du comité, l’ouverture des consultations et la place accordée aux différentes forces politiques et sociales seront donc déterminantes.
En définitive, l’ordonnance ouvre le chantier institutionnel du dialogue. Mais la véritable bataille politique, celle de l’inclusivité et de la représentativité, ne fait que commencer.
Jean-Petit Djoko
La rédaction


