Le 4 décembre 2025, les Présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame se serraient la main à Washington sous l’œil de Donald Trump. L’image était celle d’un accord historique, censé ouvrir une nouvelle ère de paix régionale. Mais huit jours plus tard, le 12 décembre, l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Mike Waltz, brisait cette illusion au Conseil de sécurité par un réquisitoire sans précédent contre Kigali.
Dans une déclaration directe et documentée, Waltz accusait le Rwanda de contrôler stratégiquement le Mouvement du 23 Mars (M23) et sa branche politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Il ne s’agissait plus de simples soupçons : Kigali était désigné comme le cerveau de la guerre à l’est de la RDC. Les chiffres avancés – entre 5.000 et 7.000 soldats rwandais déployés, missiles sol-air, drones suicides et artillerie lourde – donnaient à ces accusations une force inédite.
Ce discours marquait un tournant historique : Washington rompait avec des années de langage diplomatique feutré et plaçait Kigali face à une condamnation morale publique. Six mois plus tard, en juin 2026, la situation reste inchangée. Les troupes rwandaises n’ont pas quitté le territoire congolais, le M23 et l’AFC contrôlent toujours de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, et les offensives se poursuivent.
Les sanctions américaines déjà imposées aux Forces de défense rwandaises et à plusieurs généraux confirment la ligne tracée par Waltz. L’ultimatum fixé au 15 juillet 2026 par le sénateur Marco Rubio constitue désormais une nouvelle ligne rouge : Kigali doit se retirer ou s’exposer à une escalade des pressions.
Les conséquences possibles en cas de non-respect de ce délai sont lourdes : sanctions élargies visant des personnalités proches du pouvoir et des secteurs stratégiques, isolement diplomatique accru, restrictions économiques et financières, soutien renforcé à Kinshasa, voire une nouvelle résolution contraignante au Conseil de sécurité.
Le Rwanda se trouve donc face à un choix stratégique majeur : accepter un retrait négocié et ordonné, ou affronter une confrontation ouverte avec Washington. La déclaration de Mike Waltz en décembre 2025 n’était pas un simple moment de tension ; elle a inauguré une nouvelle doctrine américaine. À l’approche du 15 juillet 2026, Kigali est placé devant une échéance décisive.
Jean-Petit Djoko


