Dans les camps visités au Burundi et en Tanzanie, les réfugiés congolais vivent dans des conditions précaires, a déclaré la ministre d’Etat en charge des Affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale Eve Bazaiba,le samedi 17 janvier 2025 ,lors d’un briefing spécial Co-animé avec le ministre de communication et médias Patrick Muyaya.
Malgré l’exil, leur attachement à la RDC reste intact, a-t-elle renchérit. Lors des rencontres avec la délégation, hommes, femmes et enfants ont entonné l’hymne national, souvent submergés par l’émotion.
Deux demandes reviennent avec insistance : le retour de la paix et de la sécurité en RDC, et la possibilité de rentrer au pays, perçu comme « la maison ». Des chants patriotiques évoquant l’unité nationale ont également été repris, signe d’un fort sentiment d’appartenance.
Des déplacements liés aux conflits armés
Les autorités congolaises soulignent que ces mouvements de population ne résultent ni de causes économiques ni de facteurs climatiques. Ils sont directement liés aux violences armées dans l’Est de la RDC, attribuées à l’agression rwandaise et aux actions des groupes armés du M23.
Ces hostilités ont poussé des centaines de milliers de civils à franchir les frontières vers les pays voisins, dans des conditions souvent dramatiques.
Des chiffres qui inquiètent
Au Burundi, près de 250 000 réfugiés congolais sont répartis sur sept sites. Le camp de Boussouma abrite à lui seul environ 67 000 personnes, dont près de 30 000 enfants. Plus de 2 200 enfants non accompagnés, âgés de 3 à 14 ans pour la majorité, y vivent dans une extrême vulnérabilité.
En Tanzanie, les réfugiés congolais sont estimés à environ 87 000, dont près de 50 000 enfants. La dernière vague de déplacés concerne environ 10 000 personnes. Le jour de l’arrivée de la délégation congolaise, 28 naissances ont été enregistrées, illustrant la jeunesse de cette population et les défis sociaux et éducatifs auxquels elle est confrontée.
Une aide humanitaire renforcée par la RDC
La baisse de l’aide internationale, liée notamment à la révision de la politique humanitaire des États-Unis, a entraîné le retrait de plusieurs ONG et agences humanitaires. Cette situation a accru la pression sur les pays d’accueil, en particulier le Burundi, qui a lancé un appel à la solidarité internationale.
Face à cette urgence, la RDC s’est imposée comme le principal contributeur de l’aide humanitaire destinée à ses ressortissants réfugiés au Burundi. Cette intervention directe, exceptionnelle au regard du droit humanitaire international, a été rendue possible grâce à des accords spécifiques avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et les pays hôtes.
Des vivres et des biens non alimentaires ont été distribués aussi bien au Burundi qu’en Tanzanie.
Un signal politique fort
Les autorités congolaises ont salué l’engagement du Chef de l’État et de la Première ministre, ainsi que la coopération des gouvernements burundais et tanzanien. Elles ont également rendu hommage à la résilience et au patriotisme des Congolais vivant dans les zones affectées par les conflits et dans les camps de réfugiés.
José Mutumbula
La rédaction


