Alors que la session ordinaire de mars 2026 n’est pas consacrée au budget, l’Assemblée nationale a décidé de placer l’exécution de la loi de finances au cœur de ses préoccupations. Avec un budget fixé à 54 335,8 milliards de FC, en hausse de 7,2 % par rapport à la loi rectificative de 2025, les députés veulent s’assurer de la mobilisation effective des recettes et de la gestion rigoureuse des dépenses publiques.
Dès ce jeudi 5 mars, le Bureau de la Chambre basse a programmé des réunions avec les ministres des Finances et du Budget pour évaluer le premier trimestre de l’année.
Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, a précisé que ces rencontres permettront d’aborder les questions budgétaires dans les institutions de l’État et d’identifier les mesures nécessaires pour un suivi régulier de la situation financière.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les retards persistants dans le paiement des salaires des fonctionnaires depuis plusieurs mois. Une situation qui alimente les débats et les frustrations dans le pays.
Pour le député national et professeur Gode Mpoy, ces décalages proviendraient principalement des variations du taux de change, qui réduisent le pouvoir d’achat des recettes en dollars converties en francs congolais.
Le gouvernement, de son côté, avance des explications techniques. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a évoqué des ajustements dans le système de paie, tandis que le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a assuré que les moyens existent pour honorer les salaires. Cependant, le Fonds monétaire international (FMI) a alerté sur les risques liés à l’augmentation rapide de la masse salariale, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice, qui limitent la marge de manœuvre budgétaire pour d’autres priorités.
Face à cette situation, le président Félix Tshisekedi a ordonné un audit complet de l’état liquidatif de la paie, avec un rapport attendu sous 30 jours. L’objectif est de garantir le paiement régulier des agents publics et de stabiliser les finances de l’État.
La rentrée parlementaire est prévue le 16 mars au Palais du Peuple, marquant la reprise des travaux après trois mois de vacances parlementaires. Les débats budgétaires et la question des salaires en retard devraient figurer parmi les dossiers brûlants de cette session.
Jean-Petit Djoko
La rédaction


