Société PHC et communautés locales : fin de la médiation et début du suivi de la mise en œuvre des accords

0
16

La médiation engagée entre la société Plantations et Huileries du Congo (PHC) et ses communautés riveraines est officiellement arrivée à son terme. Réunis jeudi 19 février 2026 au Centre Boboto, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, les différentes parties ont acté la fin du processus conduit par l’Independent Complaint Mechanism (ICM), ouvrant ainsi une nouvelle phase consacrée au suivi de la mise en œuvre des accords conclus.
Une crise née d’une plainte déposée en 2018
La crise entre PHC et les communautés vivant autour de ses plantations remonte aux années 2010-2020, alors que l’entreprise était sous la gestion du Groupe Feronia. En 2018, avec l’appui de l’ONG RIAO-RDC, les communautés locales avaient saisi les banques européennes de développement, bailleurs de fonds de PHC-Feronia, pour dénoncer plusieurs griefs.
Cette plainte avait déclenché un processus de médiation piloté par l’ICM. Bien que la gestion de PHC ait changé en 2021, avec la reprise de l’entreprise par un fonds d’investissement africain ayant confié la direction à des managers et experts congolais, la nouvelle administration a choisi de poursuivre la médiation entamée en 2022. Objectif : intégrer les préoccupations des communautés et restaurer un climat de confiance durable.
Des accords issus de la médiation et du dialogue provincial
Le processus conduit par l’ICM a abouti à un rapport final publié le 19 août 2024, reprenant plusieurs recommandations. Toutefois, la faible diffusion de ce rapport dans les milieux concernés n’avait pas permis d’apaiser totalement les tensions.
Face au risque de nouveaux soulèvements, les Gouverneurs des provinces de l’Équateur et de la Tshopo — deux des trois provinces d’implantation de PHC — ont facilité un dialogue direct entre l’entreprise et les communautés locales. Ces échanges ont débouché, en décembre 2024, sur des accords de cohabitation pacifique venant compléter ceux issus de la médiation.
Lors de la réunion du 19 février 2026, les participants ont unanimement reconnu que la médiation était arrivée à son terme, les accords ayant été obtenus tant par l’ICM que par l’implication des autorités provinciales.
Le suivi confié à la société civile locale
La principale décision issue de cette rencontre porte sur le mécanisme de suivi. Les parties ont convenu que la surveillance de l’exécution des engagements sera assurée par une coalition d’organisations de la société civile locale, avec un appui technique éventuel des experts de l’ICM.
Parmi les structures mandatées figurent notamment RIAO-RDC, à l’origine de la plainte de 2018, ainsi que CADP, MUDEV et d’autres organisations actives dans les zones concernées. Les représentants des Gouverneurs de l’Équateur et de la Tshopo, présents à la réunion, ont validé ce mandat et réaffirmé leur engagement à veiller à la protection des intérêts des communautés.
Une entreprise en transformation
Depuis 2021, PHC affirme avoir engagé une transformation profonde de son fonctionnement et de ses relations communautaires. L’entreprise indique avoir commencé à honorer les engagements sociaux pris en 2018, amélioré les services médicaux dans ses quatre hôpitaux situés notamment à Lokutu (Tshopo), Yaligimba (Mongala) et Boteka (Équateur), construit des écoles, des centres de santé, des forages d’eau potable, ainsi que des ponts et routes de desserte agricole.
Ces initiatives auraient contribué à l’amélioration progressive du climat social autour de ses sites d’exploitation.
Avec la clôture officielle de la médiation et la mise en place d’un mécanisme local de suivi, une nouvelle étape s’ouvre désormais pour PHC et ses communautés riveraines : celle de la concrétisation effective des engagements pris et de la consolidation d’une cohabitation pacifique et durable.
EB

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici