Alors que le compromis semblait être trouvé entre le banc syndical des médecins et le gouvernement congolais à la suite des travaux de Bibwa, une grève sèche frappe les hôpitaux publics, à Kinshasa. En effet, les médecins ont levé l’option de radicaliser leur grève pour non-respect des engagements convenus, lesquels concernent entre autres la paie de leurs primes de risque, le réajustement de celles-ci, ainsi que l’alignement des nouveaux médecins.
Le procès-verbal de la compilation des résultats issus des assemblées générales des sections du Syndicat national des médecins, Synamed, renseigne que 52% des sections avaient opté pour une grève sèche, contre seulement 32% pour la polarisation des urgences et 16% pour un service minimum. « De ce qui précède, les médecins des services publics de l’Etat membres du Synamed asbl Kinshasa ont majoritairement opté pour la radicalisation de la grève jusqu’à la concrétisation des promesses du gouvernement de la République », peut-on lire dans ce rapport dont une copie est parvenue à notre rédaction.
Il y a de cela plusieurs jours que les médecins ont opté pour « les hôpitaux sans médecins », afin de pousser le gouvernement à répondre favorablement à leurs préoccupations. Cette fois-ci, ces professionnels de la santé ne comptent pas relâcher la pression, avant qu’ils n’obtiennent gain de cause. « Tous les syndicats des médecins, à savoir Symeco, Synamed et autres, ont été unanimes avec cette décision et opté pour une grève sèche. Donc, les hôpitaux sont sans médecins jusqu’à ce que l’Etat arrive à respecter ses engagements. Puisque les médecins ont compris que c’est de la mauvaise foi de la part du gouvernement de délaisser les médecins et de les mettre dans des conditions socio-professionnelles indignes », a confié en anonymat un médecin à Vraie Thématique.
Dans les hôpitaux publics, les malades sont abandonnés à leur triste sort et ne savent pas vers qui se tourner en cas d’une aggravation de la situation. Il n’y a même pas de service minimum pour cause d’absence totale des médecins. Certains malades sont dirigés vers les structures sanitaires privées pour s’assurer une bonne prise en charge. En revanche, d’autres qui n’ont pas assez des moyens financiers, attendent désespérément le retour de ces hommes en blouse blanche. « Mais, jusqu’à quand la situation va-t-elle perdurer? », se demandent les proches des malades, très inquiétés par cette grève sèche.
Le pire est à craindre si rien n’est fait dans les jours à venir. Cette situation risque d’accroitre considérablement le nombre de décès dans la capitale congolaise. Une solution urgente est attendue de la part des autorités compétentes. « La santé n’a pas de prix », dit-on. La régularisation de la situation s’avère donc la meilleure décision, en vue de désamorcer cette grève sèche des médecins dans les structures sanitaires publiques et permettre aux populations d’accéder aux soins de santé.
Enock Nseka


