Professeur Albert Kabasele préconise le port des masques
Dans la ville de Kinshasa, plusieurs personnes sont touchées par le rhume, l’angine et la toux pendant cette saison sèche. Des effets qui font redouter une nouvelle vague du Covid-19.
Pour le directeur de l’Ecole doctorale de télédétection du climat de l’Université pédagogique nationale (UPN), professeur Albert Kabasele, il s’agit de la qualité de l’air polluée par des nanoparticules fines, en cette période de saison sèche.
C’est pour cette raison qu’il appelle la population kinoise à porter les masques. Le climatologue explique que le port de ceux-ci va permettre la filtration de l’air qui ne passe pas les narines, afin d’éviter notamment les maladies pulmonaires. « Nous demandons à la population qui ne doit pas paniquer de porter des masques, pas contre la COVID-19, pour filtrer l’air, parce que ça passe par nos narines. Cet air n’est pas de bonne qualité. Il faut aussi être dans des endroits propres où il n’y a pas assez de vent. Soit dans des endroits fermés », a conseillé professeur Albert Kabasele. Et de renchérir : « autre conseil : boire beaucoup d’eau, surtout boire de l’eau tiède et se couvrir».
Suivant le monitoring de l’Ecole doctorale de télédétection du climat de l’Université pédagogique nationale, la pollution de l’air en cette saison sèche a de loin dépassé les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De ce fait, professeur Kabasele a cité certains endroits de la capitale qui seraient le plus frappés par la pollution de l’air. Un record dans l’historique des études sur le climat en RdC.
« Nous avons cartographié la qualité de l’air sur toute la ville de Kinshasa et des endroits où la qualité de l’air n’est pas de bon augure, c’est autour de l’UPN, au tour de Rond-point Ngaba et sur la route de l’aéroport, le marché central jusqu’à Gambela, et du côté de Carrigrès aussi. Voilà les lieux où la qualité de l’air est très perturbée mais c’est sur toute la ville de Kinshasa, nous dépassons la masse volumique de 140 microns grammes par mètre cube. C’est du jamais vu », s’est étonné professeur Kabasele.
Avec cette masse volumique de l’air supérieure à 10 mètres cubes (moyenne normale de la qualité de l’air), il prévient qu’il y aura beaucoup de personnes enrhumées et avec des fièvres dans la ville de Kinshasa. Avant de rassurer : « Mais ça va passer ». A cet effet, plusieurs observateurs lambda spéculent sur les causes de la pollution de l’air à Kinshasa. Pour les uns, les activités des usines appartenant aux indopakistanais, lesquelles affluent la commune de Limeté, serait la principale cause. Tandis que, d’autres pensent que cette pollution de l’air proviendrait de l’insalubrité qui gangrène la capitale.
En tout état de cause, la pollution de l’air devrait faire un sujet d’urgence pour le ministère de la Santé publique et celui de l’Environnement. Car, des informations issues de l’OMS renseignent de nombreux cas de décès, à travers le monde, dus à cette situation environnementale.
Enock Nseka